Presque deux ans après ses dernières péripéties, le fringant Sherlock Holmes est de retour pour de nouvelles enquêtes. Meurtres, interrogatoires, déductions et condamnations voire même absolutions , c’est partie pour une plongée dans l’esprit brillant et torturé du détective le plus célèbre de la littérature anglaise.

Voilà un test difficile à écrire tant le jeu en question est protéiforme. Tantôt il touche au génie, tantôt il se laisse porter par des mécaniques presque aussi vieilles et éculées que Sherlock Holmes luis même.  Mais revenons un instant à ce qui fait un bon ou un mauvais jeu : sa capacité à remplir la mission qu’il s’est chargé d’accomplir et le brio avec lequel il apporte au joueur les sensations promises. Alors quelles sont les promesses de ce Sherlock Holmes : the Devil’s Daughter? Et bien les trailers et la communications autour du jeu nous vendaient un jeu d’aventure et d’enquête tinté d’une ombre de paranormal. A cela vient s’ajouter le type de jeu auquel nous sommes confronté : un puzzle game où chaque action à accomplir sera prétexte à se creuser les méninges avec plus ou moins de difficulté. Voilà à peu près ce à quoi l’on pouvait s’attendre. Amateurs de gameplay intuitifs et d’action frénétique pouvaient donc passer leur chemin.

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Certaines ambiances sont très réussies et le jeu est vraiment beau (Unreal Engine 4).

Mais alors qu’en est-il manette en main? Et bien la plupart des promesses sont respectées voire même dépassées. Tout d’abord les enquêtes bien-sur. Si vous avez joué au précédant épisode alors vous ne serrez pas dépaysé car tout y est. Les portraits de vos interlocuteurs à compléter, la recherche d’indices, les phases de déductions et l’accusation en fin d’affaire. Quelques nouveautés que nous vous laisserons découvrir par vous-même sont à dénombrer mais l’expérience globale ne change pas beaucoup et c’est très bien comme ça. Au sujet du paranormal par contre nous restons sur notre faim. Le titre et les trailers semblaient nous orienter vers une expérience mêlant rêve et réalité. Un tel mélange n’est d’ailleurs pas étonnant lorsque l’on connait le passif de se cher Sherlock cependant nous nous demandions comment cela allait s’imbriquer avec le gameplay très terre-à-terre de la saga. Et hélas l’essai n’est pas transformé. En effet sur ce point et sur d’autres le jeu semble ne pas savoir sur quel pied danser et reste prisonnier de son genre (puzzle game) tant et si bien qu’il ne peut se laisser complètement aller. C’est très regrettable tant le jeu devient jouissif lorsqu’il s’autorise quelques débordements. Les scènes de mêlant rêve et réalité sont très bonnes mais beaucoup trop rare. De même la fille adoptée par Sherlock et dont il est question dans le titre s’avère très secondaire dans le scénario et n’est vraiment centrale à l’histoire que durant une seule enquête. Une fois passées ces questions esthétiques, mettons les mains dans la mécanique pour voir de quoi il en retourne. Déjà les mini-jeux sont toujours aussi présents et chaque action est prétexte au déclenchement de l’un d’eux. Certains sont très recherchés et d’autres un peu moins mais dans l’ensemble l’on ne dénote aucune impression de lassitude. De plus, à cette diversité s’ajoute la possibilité de passer n’importe lequel de ces mini-jeux si jamais vous n’y arriver pas ou tout simplement si vous n’avez pas le coeur à vous y mettre.

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Une scène d’anthologie qui nous a fait mourir de rire !

 Sherlock Holmes : the Devil’s Daughter tient ses promesses mais il nous laisse sur notre faim en se censurant lui-même. Nous l’avons déjà aborder avec le surnaturel mais on se fait la même remarque au niveau de la mise en scène. En réalité certains passages sont très fun et le jeu semble se désinhiber totalement. On est alors conquis par ce potentiel caché (une scène d’exorcisme improbable vous fera mourir de rire). Dommage que tout le jeu ne soit pas dans la même veine. Pour aller plus loin, notons qu’il y a aussi quelques ratés au niveau de la mise en scène notamment dus à des effets intéressants mais trop incompatible avec le gameplay du jeu (une scène de chasse notamment où Sherlock est bien trop rigide pour que l’effet fonctionne). Cette rigidité du personnage, et, par extension, du gameplay est très regrettable tant elle va gangrener certains passages et même certains minis-jeux. Déplacer une caisse de manière à grimper dessus c’est une mécanique classique, ni bonne ni mauvaise que tous jeux est libre d’utiliser. Or, si la caisse doit être déplacer une dizaine de fois et que chaque déplacement prend plusieurs secondes, il est probable que des “encouragements expressifs”  s’échappent de votre bouche façon : “Mais tu vas la bouger ta p***** de caisse!”. Toutefois ne nous en formalisons pas outre mesure car bien que ce point soit regrettable, il n’entache que certaines parties de l’aventure et, après tout, la série de jeu Sherlock Holmes n’est pas réputée pour sa frénésie. Gageons que les équipes de production se sont concentrées sur le coeur du jeu et que les animations ont reçus moins d’attentions que d’autres pans du titre.

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Étonnement il n’est plus possible de mater la voisine via la longue vue….

Terminons par un retour sur le système de déduction, toujours aussi intéressant , où l’on peut s’amuser à combiner les faits pour explorer les diverses conclusions possibles. A noter également que certaines dossiers peuvent être classés avant même la fin de l’enquête. Donc oui vous pouvez envoyer un innocent en prison ou bien absoudre un criminel. Dans votre recherche d’indice vous serez épaulés par des “sens” , l’Imagination et la Concentration, deux capacités spéciales que Sherlock peut utiliser à tout moment. La première fera apparaître des objets manquants alors que la seconde servira à déceler des indices cachés dans le décor. Hélas, et comme dans le premier jeu, ces deux capacités sont sous-exploitées. Elles ne servent qu’aux quelques endroits prévus par le script et s’avèrent inutiles le reste du temps. Il aurait mieux valu regrouper ces deux atouts en un seul et il aurait sembler moins anecdotique…

[TEST] Sherlock Holmes : the Devil's Daughter
Le jeu a ses forces et ses faiblesses mais il mérite d'être joué. Même s'il est parfois maladroit on lui reconnait au moins le mérite d'essayer d'innover dans le carcan très étroit du puzzle-game. Après un premier épisode très sobre et un second un peu plus déluré on ne peut qu'attendre le troisième en espérant que Sherlock Holmes retrouve le caractére subversif qui fait la force de se personnage.
Sherlock
  • Des scènes très jouissives
  • Le système de déduction toujours aussi pertinent
  • Des enquêtes très bien fichues...
Moriarty
  • Animations très rigides
  • Des minijeux moins inspirés que d'autres
  • ... et d'autres trop courtes
7Note Finale
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