[TEST] Batman: Arkham Origins Blackgate, un jeu qu’on aime oublié.

Rocksteady a révolutionné les jeux de super-héros avec sa série Batman Arkham. Ces titres ont bénéficié d’une réalisation exceptionnelle, d’un gameplay addictif et d’une histoire digne des meilleurs comics. Mais un opus est souvent oublié lorsqu’on parle de la série, celui qui a été fait en 2,5D : Batman : Arkham Origins Blackgate, le spin off et suite de Batman Arkham Origins. Ce volet reprend les événements de ce dernier en se centralisant sur une révolte dans la prison de Blackgate. Le Joker, le Pingouin et Black Mask ont pris le contrôle de la prison et c’est à nous de les arrêter. C’est un jeu original dans son approche car il cumule le gameplay des Batman Arkham en le combinant à un plate-former en 2,5D. Une idée étrange sur le papier qui va rapidement expliquer l’oubli du titre par le public.

Le comics de l’ennui :

Batman Arkham Origins Blackgate s’ouvre sur la fuite de Catwoman face au chevalier noir. Il poursuit le chat sur plusieurs immeubles pour l’attraper et l’envoyer à Blackgate. Une fois cette mission accomplie, Batman reçoit des informations sur la prison, lui indiquant qu’une révolte est en cours. Le Joker, le Pingouin et Black Mask se disputent le contrôle de Blackgate au détriment de tous les innocents présents dans les murs. La chauve-souris débarque donc pour les arrêter et trouve un allié de circonstance en la personne de Catwoman.

Ce début d’intrigue pourrait donner lieu à une très bonne histoire mais il n’en est rien. Cet opus surfe sur le succès de la série mais n’en propose pas les points forts. On est en face d’un scénario sans intérêt car on ne fait que poursuivre les 3 criminels, il y a très peu de rebondissement et les dialogues sont plats. Même le cliffhanger de fin était prévisible tant les chemins scénaristiques sont faciles à comprendre. C’est vraiment dommage au vu du potentiel de l’univers et surtout de l’utilisation d’un de ses personnages les plus charismatiques : Le Joker. Malheureusement, même le clown prince du crime ne rattrape pas le reste.

Malgré sa présence, le titre est plat.

Un gameplay mal adapté :

Batman Arkham Origins Blackgate réutilise les mécaniques des jeux de la série, en l’adaptant à un jeu en 2,5D. C’est un gameplay qui a fait ses preuves tant dans son côté Beat Them All que dans son côté discrétion. Mais il est complètement inadapté à cet opus ou plutôt, il a été très mal adapté.

Ce jeu est en grande partie un plate-former. On doit atteindre des zones en tirant partie des mécaniques de gameplay. On a donc des contrôles classiques comme le saut ou la course. Mais Batman est extrêmement statique, le délai de réponse des commandes est long et il y a beaucoup de bug. C’est le premier jeu où il m’a fallu 20 minutes pour sortir d’une bouche d’aération. Il fallait d’abord reculer puis faire la touche de saut en avançant pour débloquer la situation. Normalement, on avance et on appuie sur la touche action pour sortir, on n’est pas obligé de s’arrêter. Et cet exemple fait partie d’un grand tout.

En plus d’utiliser des gadgets vus et revus, il faut faire une manipulation pour les utiliser. En effet, si on ne scanne pas la zone pour vérifier les points où peut utiliser les gadgets, on ne peut pas les utiliser. Du coup, au lieu d’avoir un gameplay actif, on se retrouve en face d’un jeu lent parce que les développeurs ont rajouté une mécanique sans intérêt qui rend toutes les actions beaucoup plus longues. Je pourrai revenir sur cet aspect du gameplay plusieurs fois mais ça deviendrait aussi long qu’un catalogue IKEA.

Passons maintenant aux mécaniques de discrétion, je ne peux pas dire que la direction 2,5D du jeu n’est pas adapté tant il y a des exemples de bons jeux du même type ( This War of Mine  ). En revanche, celle de Batman Arkham Origins Blackgate est une purge. Si on se fait repérer, on meurt très vite et pour ne pas se faire repérer, il faut être parent avec le Marsupilami ou une taupe parce qu’on passe notre temps à sauter d’une gargouille à une autre ou à crapahuter sous le sol. Ici, la discrétion en circulant doucement dans une zone est impossible tant les ennemis sont dangereux, rapides et illogiques dans leur mouvement lorsqu’ils sont armés. Pour un jeu issu d’une série qui a été encensé pour ses mécaniques d’infiltration, c’est clairement décevant.

La seule phase de gameplay qui rattrape le reste, c’est le combat parce qu’il reprend en tout point celui des autres Arkham. On frappe, on contre et on esquive de manière rapide et très classe, provoquant un véritable plaisir dans les combats. c’est une mécanique facile à prendre en main mais qui exige tout de même des réflexes, permettant de séduire tous les joueurs.

La seule phase qui rattrape le reste, jouissif !

Une ambiance digne des comics :

S’il y a une qualité à mettre en avant pour Batman Arkham Origins Blackgate, c’est son ambiance. On se retrouve en face d’un rendu visuel très joli avec des cinématiques fixes rappelant les comics et des modèles de personnages ainsi que des environnement détaillés très agréables à l’œil. De même, les acteurs sont à fond dans leur rôle pour nous immerger pleinement dans le jeu et les thèmes musicaux rappellent les thèmes célèbres du chevalier noir.

Le seul bémol, c’est qu’il y a une différence importante entre les cinématiques et le rendu en jeu au niveau de la direction artistique. Les costumes sont différents et l’ambiance générale aussi. Les cinématiques sont colorés et proche de la Bande-Dessinée tandis que les costumes en environnement en jeu sont réalistes et plus sombres. Les deux sont jolies mais j’aurai aimé avoir le même rendu dans l’un et l’autre.

Le Joker durant les cinématiques.

Le Joker en jeu.

Une durée de vie moyenne, allongée par du remplissage sans intérêt :

Batman Arkham Origins Blackgate se finit en 15 heures environs mais chaque heure n’est pas de la même qualité. Le jeu est dans un environnement assez ouvert mais linéaire dans son exécution. On nous fait régulièrement aller d’un point A à un point B sans avoir de choix dans notre approche. Ces allers-retours ne sont pas choquants au début mais ils sont rapidement lassants au fil de l’aventure surtout quand c’est pour trouver une simple clé pour ouvrir une porte.

Les objectifs annexes suivent le même principe car il faut récupérer des objets pour débloquer des costumes. Pour les obtenir, il faut avoir certain gadgets, ce qui implique de faire des allers-retours. Les autres opus de la licence nous demandaient aussi de revenir dans certaines zones pour débloquer les objectifs bonus mais c’était plus intéressant et plus stimulant. Dans celui-ci, ça se résume à de la récupération alors que dans les autres, on avait des énigmes et on ne débloquait pas de simples costumes mais du contenu scénaristique pour en apprendre plus sur l’univers. Cela rendait la recherche beaucoup plus passionnante.

Quatre zones qu’on peut explorer autant qu’on veut mais on n’a pas forcément envie.

[TEST] Batman: Arkham Origins Blackgate, un jeu qu'on aime oublié.
Batman Arkham Origins Blackgate a tenté de proposer la même formule que les autres jeux de la licence, en surfant sur sa popularité. Cependant, une réalisation bancale tant au niveau du gameplay que du scénario a produit un opus qui rappelle les codes des Batman Arkham sans donné quelque chose de potable. Il n’apporte rien à la licence et n’est clairement pas à la hauteur. En finissant le jeu, on comprend rapidement les raisons de son oubli.
Scénario4
Gameplay2.5
Ambiance9
Contenu5
Les plus :
  • Le Joker.
  • Les combats.
  • Une ambiance très agréable et maîtrisée.
Les moins :
  • Un scénario inintéressant.
  • Tout le reste du gameplay.
  • Répétitif
5.1Note Finale
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