Série spin-off de Final Fantasy, assez méconnue en Europe, Chocobo’s Mystrey Dungeon revient sur les consoles dernière génération, avec un remaster d’un reboot…

Final Fantasy Fables

La saga Final Fantasy a développé une véritable mythologie au fil de ses 15 épisodes. Celle-ci s’est retrouvé dans un grand nombre de spin-off, dont certains on donné naissance à de nouvelles franchises, comme SaGa ou les Seiken Densetsu (Secret of Mana).

Si l’univers FF fonctionne bien, c’est en partie parce que, bien que chaque opus se déroule dans un monde et avec des personnages différents du précédent, de nombreux éléments récurrents permettent au joueur de retrouver un sentiment familier. Ainsi, On maniera les même armes, on se soignera avec les mêmes potions ou ethers et on affrontera les même behemoth et autres ahrimans, que l’on visite le monde médiéval fantastique de FFV ou celui plus futuriste de FFVII.

Un de ces éléments récurrent est le chocobo. Il s’agit d’un volatile de grande taille, le plus souvent jaune (mais aussi parfois noir, bleu, rose… doré!) et dont la principale fonction est de servir de monture aux personnages.

Apparu pour la première fois dans FFII en 1988, son rôle ne va cesser de prendre de l’ampleur au fil des itérations.

La première apparition du chocobo dans FFII. Il sert alors à se déplacer plus rapidement sur la carte et à éviter les rencontres aléatoires.

Ainsi, s’il garde toujours son statut de monture, il sera aussi une invocation régulière à partir de FFIII, un personnage à part entière dans FFV, sous les traits de Boco, fidèle compagnon à plumes du protagoniste, chassera les trésors dans FFIX ou participera aux combats dans FF Tactics. Mais c’est dans FFVII qu’il connaît la consécration, en devenant la mascotte de la série à travers le parc d’attractions du Gold Saucer, dont il est une des figures phares, et en emmenant le joueur dans des courses effrénées.

Le chocobo à travers les ages.

Dès lors, chocobo incarnera le côté kawaii et ludique de Final Fantasy et s’en fera l’ambassadeur, d’abord dans d’autres licences : Seiken Densetsu, Tobal n°1, etc… Puis dans sa propre série, débutée en 1997 sur PS1 : Chocobo’s Mystery Dungeon.

La série, mettant en scène un jeune chocobo tout mignon du nom de Pûre (prononcez « Poulet »), fait le pari de mélanger des éléments de gameplay de Final Fantasy avec du dungeon crawler, un style hardcore basé sur l’exploration de donjons générés de façon procédurale. Le premier épisode ne sera distribué que sur l’archipel, alors que le deuxième sera également localisé aux US en 1999. Pour l’Europe, il faudra attendre 2008 pour pouvoir s’essayer au reboot de la série : Final Fantasy Fables : Chocobo’s Dungeon, sur Wii. C’est ce titre, remasterisé pour la PS4 et la Switch, qui nous arrive aujourd’hui.

Chocobo’s Kawaii Dungeon

Ce qui frappe immédiatement quand on lance un jeu de la série Chocobo, c’est son univers excessivement mignon. Cet aspect kawaii se retrouve aussi bien dans le style graphique que dans le scenario.

Oooooh! Comme il est meugnooooon!

Côté narration, on aura donc droit à des interactions entre des personnages tous plus gentils les uns que les autres. Même le terrifiant dragon Bahamut est en fait adorable. Pour cet épisode en particulier, toutefois, les scénaristes ont tenté une approche un peu moins manichéenne et peut être un poil plus mature, dont vous pourrez profiter avec un tout nouveau doublage. Les voix, tout comme les textes à l’écran ne sont hélas disponibles qu’en anglais…

On incarne Chocobo, qui voyage à la recherche de trésors avec son ami Cid (lui aussi un personnage récurrent de FF). Alors qu’ils s’apprêtent à s’emparer d’un puissant artefact, ils se retrouvent malgré eux transportés dans un monde inconnu. Ils devront alors visiter la ville de Lostime, où les habitants perdent la mémoire à chaque fois que retentit la cloche de l’oubli. Un étrange personnage à l’aspect angélique : Raffaello, fera bientôt son apparition et donnera aux souvenirs perdus une forme tangible : celle de donjons mystères ! En explorant lesdits donjons, Chocobo aura le pouvoir de rendre la mémoire aux villageois, mais est-ce vraiment une bonne chose ? Après tout, la devise du maire est : « l’oubli est une bénédiction »…

Les villageois qui retrouveront leurs souvenirs pourront rendre de menus services à Chocobo pour le remercier, par exemple en ouvrant une boutique.

Le scénario, malgré un twist final assez prévisible, reste assez basique : explorer des donjons aux couleurs des quatre éléments (ici : le feu, l’eau, la lumière et les ténèbres) pour sauver la ville d’un vilain démon.

Du point de vue graphique, c’est mignon et coloré, mais il n’y a pas une différence flagrante avec l’original sur Wii : c’est propre, agréable à regarder, les personnages ont des looks attachants, mais ça reste là aussi assez basique. Il y a même quelques textures qui pixelisent de façon anachronique (notamment dans les derniers étages du dernier donjon).

Fans de Final Fantasy qui recherchez la profondeur narrative d’un FFVI, ou l’excellence graphique d’un FFXV, vous risquez fort d’être déçus par cette version édulcorée de votre univers favori. A moins que le gameplay ne rattrape le coup…

Chocobo’s Hardcore Dungeon

En effet, les jeux Chocobo’s Dungeon, sous leurs airs de produits destinés au jeune public, cachent en fait une profondeur de gameplay que ne renieront pas les joueurs les plus hardcores.

A la manière d’un dungeon crawler, le jeu s’articule autour d’un hub, ici la ville de Lostime, où le joueur pourra s’équiper avant de partir explorer les multiple donjons alentours.

Dans les donjons, Chocobo peut se déplacer librement, mais chaque pas, chaque attaque, chaque utilisation d’objet… représente un tour, pendant lequel tous les ennemis présents peuvent agir aussi. Ainsi, si on reste immobile, tout le monde en fait autant, mais si on fonce tête baissée, on peut aisément tomer dans une embuscade.

Les combats, bien qu’au tour par tour, gardent une apparence assez dynamique et fluide.

Les affrontements ont donc la forme d’un mélange d’action en temps réel, de tour par tour classique, et de RPG tactique, le placement ayant son importance pour porter des attaques avec succès ou pour lancer des sorts à distance.

Bien sur, votre parcours sera parsemé d’affrontements de boss, dont certains peuvent se montrer assez retors. Il faudra bien souvent s’armer de patience et apprendre à anticiper les super attaques.

Quand un boss est près de mourir, il se met à clignoter. Attention, c’est aussi signe qu’il peut lancer sa super attaque!

Chaque visite d’un donjon est différente. Tout y est en effet généré de manière procédurale. La carte vous sera donc toujours inconnue, et il faudra la découvrir en faisant attention aux pièges qui la parsème, pour trouver la sortie qui mène à l’étage suivant, et ainsi de suite…

Pour s’y retrouver, il est possible de zoomer sur la carte. Les points verts sont des objets, les rouges des ennemis et la sortie de chaque étage est symbolisée par un carré vert. Gare aux croix blanches! Elles marquent l’emplacement de pièges.

De la même manière, les objets que vous pourrez trouver dans les différents étages seront eux aussi mystérieux : dans la pénombre des donjons, Chocobo ne parvient pas bien à discerner ce qu’il ramasse et devra expertiser ses trouvailles, soit en utilisant des lunettes spéciales, soit en quittant le donjon pour les observer à la lumière du soleil, soit en les essayant tout simplement (d’autres moyens plus efficaces seront disponibles à mesure qu’on avance dans le jeu). Il peut toutefois s’avérer risqué d’utiliser les objets à l’aveugle et il n’est pas rare, en pensant se soigner avec une potion, de boire du poison… Prudence, donc.

Les objets dont le nom est en violet sont inconnus. Heureusement, Chocobo a dans son sac des “Lunettes d’érudit”, qui lui permettent d’expertiser l’ensemble de ses possessions.

Il en va de même pour les équipements. Chocobo peut en effet augmenter son attaque avec des serres (talons), sa défense avec des selles (saddles) et bénéficier de divers bonus octroyés par des colliers (collars). Toutefois, essayer un équipement inconnu vous expose au risque de subir une malédiction ! Un objet maudit ne peut pas être retiré et a bien souvent des statistiques moins intéressantes. Heureusement, il existe des moyens simples de lever une malédiction, comme en utilisant un rosaire béni, ou en demandant au prêtre de la ville (si toutefois il se souvient comment faire…).

L’équipement peut en outre être amélioré selon un système de craft assez intuitif. Une fois la forgeronne du village délivrée, celle-ci pourra fusionner deux de vos serres ou deux de vos selles, afin de transférer les divers bonus de l’une sur l’autre. Il sera ainsi possible de booster les stats de base d’une arme ou armure avec des +1, +2, etc… mais aussi de leur conférer des effets supplémentaires, comme infliger le poison, ou protéger contre un élément…

Chaque arme ou armure peut être améliorée un nombre fini de fois. Toutefois, il est possible de dépasser une fois cette limite en demandant à Freja d’aiguiser l’objet une ultime fois. Si la forgeronne fait bien son travail, vous gagnerez un bonus supplémentaire! Il arrive toutefois qu’elle échoue, auquel cas votre équipement perdra quelques niveaux… Et ne pensez pas à tricher : après ce genre de manipulation, le jeu sauvegarde automatiquement pour éviter que vous ne rechargiez votre partie…

C’est un succès !

Outre son équipement, notre jaune ami aura accès à divers objets, de soin, bien sûr, mais aussi d’attaque, comme des grimoires lui permettant de lancer les sorts emblématiques de FF.

Il pourra également changer à loisir de classe, pour peu qu’il les ait débloquées, ce qui lui donnera accès à de nouvelles compétences à mesure qu’il se perfectionnera dans l’un ou l’autre de ces jobs. C’est la touche Final Fantasy (le système de job est récurrent dans la série depuis le tout premier opus) qui apporte de la variété à un gameplay qui peut parfois devenir répétitif.

Car en effet, la répétitivité fait partie intégrante d’un gameplay de dungeon crawler, en ce que vous devrez régulièrement quitter un donjon pour gérer vos items, lever des malédiction, améliorer vos armes… Et à chaque fois, il faudra reprendre son exploration depuis le début, à moins bien sur, d’avoir débloqué un des check points disséminés dans les longs donjons (ceux-ci peuvent varier de 5 à 99 étages, plus un donjon infini…). Par ailleurs, l’aspect aléatoire de ce type de jeu peut parfois vous rendre la vie dure, comme quand on vous place d’office dans une pièce remplie de monstres…

La classe “érudit” (scholar), bien qu’elle fasse de piètres combattants, a diverses capacités fort utiles, comme révéler la carte ou expertiser les objets.

Bien sûr, comme dans tout RPG japonais, le petit oiseau gagnera de l’expérience qui lui fera gagner des niveaux, et donc des statistiques. Cette mécanique s’avérera bien utile pour progresser dans l’histoire, mais il ne sera toutefois pas nécessaire de grinder pour les donjons souvenirs.

En effet, dans ces derniers, le niveau maximum est limité. Si Chocobo a un niveau supérieur à la limite, il pourra tout de même y pénétrer, mais ses statistiques seront réduites le temps de sa visite. Par ailleurs, ces épreuves imposent des règles supplémentaires, parfois très sévères, comme par exemple perdre de la vie en permanence ou encore n’avoir qu’un seul point de vie !

Ces donjons constituent donc le véritable challenge du jeu, en ce qu’il ne sera pas possible de se reposer sur un personnage surpuissant, mais il faudra bien souvent élaborer des stratégies, parfois très précises pour les surmonter.

Every Buddy !

La grande nouveauté de ce remaster est le système de buddies. Si, dans le jeu original, Chocobo était ponctuellement accompagné par les personnages rencontrés au fil de ses aventures : Cid, Shirma, etc… Il est maintenant possible de recruter des centaines d’alliés !

Vous vous ferez donc de nouveaux copains en avançant dans l’histoire, mais aussi en terminant des donjons spéciaux et pourrez même engager tous les monstres que vous affronterez, y compris les boss !

Freja, l’oracle du feu, peut se joindre à vous pour partir à l’aventure!

Un ennemi vaincu peut en effet laisser des buddy points (BP) valables uniquement pour son type (squelettes, tortues, pampas, etc…). Quand la somme requise est atteinte, le monstre devient un compagnon de route potentiel.

Un buddy vous accompagne tout au long du donjon, mais il est impossible d’en changer en cours de route. Il bénéficie du même niveau que Chocobo, ses stats croissant au fil du jeu, et attaque de façon autonome. Il dispose en outre d’une super attaque qu’il déclenchera sur votre ordre.

Tous les recruter ne sera par contre pas une sinécure. Les 112 monstres viendront assez naturellement, mais les boss seront une autre paire de manche. Ces derniers lâchent en moyenne un ou deux points et en requièrent dix pour rejoindre vos rangs, il faudra donc rejouer certains donjons de nombreuses fois pour compléter votre collection. Mais le jeu en vaut bien souvent la chandelle, comme avec Phoenix qui soigne 999 points de vie et vous ressuscite une fois ou Epsilon qui fait d’importants dégâts de zone. Par ailleurs, ce sera un plaisir pour les fans de FF de se constituer une team avec leurs monstres et invocations favoris.

Ifrit contre Ifrit. Qui va gagner?

D’autres buddies sont ou seront disponibles en DLC payant. Le chocobo Alpha était offert à tous les joueurs day one, tandis que les chocobos beastmaster et machinist étaient inclus dans les précommandes (respectivement sur Switch et PS4), mais apparaissent déjà sur les stores à moins de 2€. Ces différents personnages étant des jobs disponibles pour le joueur, on peut s’attendre à voir arriver les autres, soit une dizaine au total…

Chocobo Memory Dungeon

Avec ses centaines de buddies issus du bestiaire classique de Final Fantasy, ce Chocobo’s Mystery Dungeon joue sur la nostalgie du joueur.

C’est quelque chose que l’on retrouvait déjà dans la version originale du jeu, avec son inventaire bien connu des aficionados, ou encore ses musiques, presque toutes extraites des anciens épisodes, et que l’on pourra écouter à loisir sur le juke box.

De nouveaux donjons souvenirs font leur apparition et vous permettent de recruter personnages et boss des deux premier Chocobo’s Mystery Dungeon sur PS1. On joue ici allègrement sur le fait que ce jeu est un reboot, en prétextant que tout ce petit monde vient d’un monde parallèle. Après tout, c’était bien le cas de Chocobo et Cid au début de l’aventure, alors pourquoi ne pas inclure aussi Atla, Camilla, et les anciennes versions de Cid et Shirma (alias Shiroma)?

On peut certes crier au fan service, mais bon, c’était dans l’énoncé, non ?

Guardian of the Flame 2 est un titre extrait de la BO de FFV, qu’on pouvait entendre à l’époque à bord du Fire Ship. Ah! Nostalgie…

 

Mais qui cela peut-il bien être?!

 

Le gardien du temps en personne sera de la partie!

[Test] Chocobo's Mystery Dungeon : Every Buddy sur Switch et PS4 - Kawaii Core
Chocobo's Mystery Dungeon : Every Buddy est un titre hybride. Sa DA, ses graphisme et son histoire ultra-kawaii semblent le destiner à un public jeune. Il est toutefois loin d'être casual, avec une profondeur de gameplay et parfois une difficulté (en particulier dans les challenges post-game) tout à fait honorables. Sa durée de vie est correcte : comptez une bonne quarantaine d'heures pour le finir en prenant votre temps et des dizaines de plus pour arriver à 100% de complétion. C'est surtout un titre destiné aux fans de Final Fantasy qui n'ont pas peur de s'essayer à un gameplay un peu différent.
Le scénario60%
Les graphismes60%
Le gameplay90%
Le contenu90%
La musique90%
Les points positifs
  • Le système de jeu a bien vieilli et l'ajout du buddy system l'enrichit encore.
  • Un challenge interressant.
  • Un univers qui séduira les fans de Final Fantasy.
Les points négatifs
  • Un peu répétitif.
  • L'univers kawaii est sympa, mais peut taper sur le système.
  • Pas de sortie boite ni de localisation.
78%Note Finale
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