On vit décidément une période pleine de surprise. alors que la mode vidéoludique rime avec action à outrance et accès anticipés qui n’en finissent jamais, certains studios surfent à contre-courant, pour notre plus grand plaisir. Issus d’un Kickstarter réussi et d’une période d’Early Access tout autant couronnée de succès, Divinity Original Sin 2, le dernier bébé des belges de chez Larian, était pourtant attendu au tournant. Succéder à Original Sin premier du nom n’est en effet pas chose aisée, tant il avait su cristalliser les espoirs les plus fous des amateurs de jeux de rôle occidental à la Baldur’s Gate tout en intriguant les rôlistes papier. Alors, pari réussi ?

      • I. Le scénario 

Vous vous réveillez attaché à une table, un énorme collier translucide autour du cou. Non content d’être fort désagréable à la vue et ô combien inconfortable, vous sentez qu’il inhibe vos facultés magiques.
D’étranges personnes en rouge se présentent alors à vous : il s’agit des Magisters, un groupe s’étant fixé pour objectif de débarrasser le monde de Rivellon de toutes formes de Source, cette énergie magique qui vous habite et semble mener le monde droit à la catastrophe.
D’ailleurs, ce magnifique tour de cou qui vous a été gracieusement offert est justement là pour vous protéger en attendant que l’on vous soigne. Sympathique ces magisters non ?

Des débuts modestes

Evidemment, comme dans la vie tout n’est pas rose, vous découvrirez bien vite au cours de votre quête haletante que les Magisters ne sont pas exactement ce qu’ils laissent croire, et que l’univers tout entier a besoin de vous.
Je reste volontairement évasif pour ne pas trop divulgâcher le plaisir de la découverte, mais croyez bien que l’aventure qui vous attends va littéralement vous happer durant de nombreuses heures.

D’autant plus que l’univers de Divinity est d’une richesse incommensurable : outre la quête principale, riche, bien construite et très équilibrée dans sa progression, chaque personnage et chaque élément (ou presque) dispose de son propre background, dont les amateurs de lecture se délecteront. Car pour apprécier toute la teneur du scénario, il faut aimer lire, que ce soit au travers de  nombreux dialogues et livres que l’on déniche un peu partout.
C’est une des grandes forces de Larian : la qualité d’écriture. Les dialogues sont toujours très justes, souvent drôles voir hilarant, et les plus investis en auront assurément pour leur argent.

Par ailleurs, que les personnes n’ayant pas fait le premier opus se rassurent : il est tout à fait possible d’apprécier l’histoire sans se sentir largué, vous passerez juste à côté de nombreux clins d’œil et d’auto-références.
On pourrait éventuellement reprocher à l’histoire générale un certain classicisme, mais il serait malvenu de chipoter tant l’offre actuelle en jeux de rôle intéressant est pauvre (oui Fallout 4, c’est toi que je regardes).

 

      • II. Les Graphismes

 

De jolis paysages comme celui-ci vous attendent

Concervant le style cartoon de son grand-frère, Divinity OS 2 reprends sa 3D isométrique héritée des Baldurs’s Gate et autres Planescape. A la différence près qu’ici, la caméra peut pivoter à 360 degrès, en dévoilant ainsi un environnement des plus vivants.
Le niveau de zoom permet quant à lui d’observer des décors de très près, afin de ne rien rater. Le jeu vous demandera en effet des facultés d’observation pour déceler des infimes détails : une clé ou un interrupteur habilement dissimulé sont monnaie courante, et il n’est pas rare de marcher sur une mine qui a échappé à votre œil de faucon.

 

 

S’il est possible de zoomer de très près, on regrettera pour autant le faible niveau de dézoom, qui nuit à la lisibilité lors de certains combats et ce malgré la mise en transparence des éléments au premier plan, ainsi que la vue tactique, qui n’est rien d’autre qu’une vue de dessus. Inconvénient que l’on pourra pallier en partie grâce à la barre en haut de l’écran de combat, qui permet de repérer sur le terrain à l’aide d’un halo de couleur le personnage que l’on survole à l’aide de la souris.

Autre bémol, les textures ont parfois du mal à se charger, même si cela reste très succinct, et l’on dénote parfois un peu d’aliasing. Cela est probablement inculpable au moteur du premier opus qui se retrouve réutilisé ici et qui commence à accuser son âge.
Rassurez-vous, on oublie très vite ces menus détails tant le travail effectué sur la direction artistique transpire l’amour par tout les pores. Divinity OS 2 dispose d’une réelle identité et vous vous arrêterez souvent pour profiter des paysages dignes d’une carte postale. Paysages qui, il faut le mentionner, seront relativement variés.

 

 

      • III. Le gameplay 

        Un aperçu de l’éditeur de personnage

C’est bien beau tout ça me direz vous, mais comment qu’c’est qu’on y joue à ton bousin ?
Tout d’abord, comme tout jeu de rôle occidental, impossible de ne pas passer par la phase de création de personnage. Vous choisissez d’abord son nom, son sexe, sa race et son apparence physique, apparence qui est d’ailleurs un peu limitée en terme de choix à mon goût.
Vous pouvez même, si cela vous ennuie, opter pour un

personnage pré-conçu qui dispose de sa propre histoire inédite. Pas de panique, vous pourrez retrouver ces personnages là dans le jeu plus tard et les intégrer dans votre équipe pour en apprendre plus à leur sujet.
Ensuite, il est nécessaire de choisir une classe à votre personnage, ou de créer la votre parmi un choix important de compétences et points de caractéristiques. Là encore, pas d’inquiétude, le jeu est si bien équilibré que vous pourrez librement évoluer vers autre chose que l’archétype que vous avez conçu ou choisi au début. Au contraire du premier opus, il m’a ainsi semblé plus difficile de rater son personnage et de devoir recommencer le jeu depuis le début.

Suite à cette cruciale phase de création, le vrai jeu commence. Tout comme ses principales inspirations mentionnées plus haut, vous indiquez à votre personnage où vous désirez qu’il se déplace à l’aide d’un clic. Vous engagez le dialogue en cliquant sur un personnage, vous ramassez les objets en cliquant dessus à condition qu’ils soient à portée, bref tout se joue à l’aide de votre mulot préféré.
Le clavier n’est ici présent que pour vous faciliter la vie, son rôle étant relégué à l’usage des différents raccourcis, vous faisant gagner un temps précieux et un confort non négligeable.

Parfois, suite à une réponse malheureuse lors d’un dialogue ou au détour d’un chemin forestier malfamé, un combat se déclenche. Et c’est bien pour moi la plus grande force de la série. Se déroulant au tour par tour, chaque personnage dispose d’un nombre limité de points de compétence pour se déplacer ET lancer des compétences, tels qu’une attaque à l’aide d’une arme, un sort ou une habilité.
Une fois ces points utilisés, il passe son tour au personnage suivant, selon un ordre défini par la caractéristique dextérité du personnage.
Jusqu’ici, rien de très original, mais attendez : la richesse du système de Divinity provient de l’interaction avec le décor, poussée à l’extrême.

Une flaque d’eau peut devenir une véritable patinoire si un sort de glace venait à la toucher, ou de la vapeur obstruant la vision d’un personnage si elle entre en contact avec du feu.
Le sang peut lui aussi geler, ou, en qualité de liquide, conduire l’électricité et ainsi étourdir tout les personnages y pataugeant, amis comme ennemis.
Dernier exemple pour vous convaincre de l’intelligence du système : un nuage toxique, non content d’infliger des dégâts de poison, explosera à la moindre étincelle, infligeant des dégâts conséquents tout en laissant se consumer au sol de jolies gerbes de flammes fatales pour quiconque s’y aventurerait.
Ce n’est là que d’infimes possibilités qui seront offertes à vous pour vous débarrasser de vos agresseurs, et les plus expérimentateurs d’entre vous seront souvent les mieux récompensés.

Difficile de parler de jeux de rôle sans aborder le thème épineux de l’interface. Elle se retrouve ici allégée par rapport au premier Divinity, en réussissant l’exploit de conserver les informations cruciales tout en n’empiétant pas inutilement sur l’écran. Il est regrettable toutefois que le journal de quête soit un peu brouillon lorsque le joueur dispose d’un nombre de quêtes actives élevé, mais encore une fois l’amélioration par rapport au premier épisode est notable et appréciable.

 

 

 

      • IV. Le contenu 

Qui dit jeux de rôle, dit contenu conséquent. Et une chose est sûr, Larian ne s’est pas moqué de son public : vous en aurez largement pour votre argent. En proposant une aventure riche d’une soixantaine d’heure qui mêle une quête principale palpitante à des quêtes secondaires nombreuses et très intéressantes, le studio parvient à accrocher le joueur à son écran. D’autant plus qu’il est recommandé de ne pas zapper ces quêtes secondaires, puisque les points d’expérience et leurs objets qu’elles rapportent vont permettront de vous sortir des situations complexes qui vous attendent. Et n’espérez pas bêtement gagner des niveaux en affrontant les mêmes monstres en boucle : ceux-ci ne réapparaissent pas après leur trépas ; le nombre d’EXP que le joueur peut espérer remporter lors de sa partie est donc fixe.

Tout ceci, ce n’est que pour l’aventure clé en main livrée par le studio, que vous pourrez librement arpenter à l’aide de 3 autres aventuriers, qu’ils soient des amis ou des inconnus rencontrés en ligne. Il est en effet possible de jouer à des scénarios ou cartes créés par d’autres joueurs et mis à votre disposition d’un simple clic par le biais du Steam Workshop.

 

Comme vous pouvez le voir, de très nombreux objets sont disponibles sur le workshop de Steam

Larian a en effet offert un puissant outil de création, que les acharnés de Neverwinter Nights apprécieront à sa juste valeur. Il est par ailleurs possible de jouer à cinq rôlistes, puisqu’un véritable mode maître de jeu, tout pareil que dans les jeux de rôle papier, est disponible.
Nécessitant un petit temps d’adaptation, nul doute que cette feature saura vous offrir des soirées mémorables si vous vous y investissez suffisamment.

[TEST] Divinity Original Sin 2 : Le pêché, c'est de ne pas y succomber
Beau, intelligent, complet et dense : ces quelques adjectifs décrivent à merveille l'expérience Divinity Original Sin 2. De rares soucis techniques ne devraient en aucun cas vous empêcher de savourer ce qui à n'en pas douter l'un des meilleurs titres PC de l'année 2017. Un jeu comme l'on souhaiterait en avoir plus souvent, qui utilise à merveille les opportunités des technologies actuelles pour réconcilier les rôlistes avec le jeu-vidéo, en leur offrant ce qui s'est fait de mieux par le passé sous un écrin de modernité.
Scénario
Graphismes
Gameplay
Durée de vie
C'est propre
  • Le système de combat
  • La liberté d'approche
  • L'histoire
C'est naze
  • Quelques bugs
4.5Note Finale
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