[TEST] Frostpunk, la survie glaciale

Les créateurs de This War of Mine sont revenus avec un nouveau jeu de gestion et de survie, Frostpunk. Ce jeu nous transporte dans un univers Steampunk post-apocalyptique où nous devrons lutter contre un nouvel âge de glace. Nous sommes aux commandes d’un groupe de réfugiés que nous devrons aider à survivre en leur procurant des vivres, des soins et surtout de la chaleur. Cela demandera de faire des choix très durs qui mettront en cause notre morale. 11 bit studios reste donc dans les thèmes et mécaniques qui ont fait son succès et au vu de la qualité du jeu, c’est à juste titre. 

Let it snow !

Nous sommes aux commandes d’un groupe  de réfugiés de Londres, tentant de se protéger d’un nouvel âge de glace. Afin de survivre, ils vont se réfugier autour d’un réacteur générant de la chaleur et fonctionnant au charbon. Ils établissent à cet endroit une petite ville que nous allons devoir gérer à travers notre rôle de capitaine.

Dans ce rôle, nous allons devoir faire des choix qui influenceront le destin de la ville et des habitants. Ces choix sont difficiles et mettent en cause notre morale car il est parfois nécessaire de faire des sacrifices pour la survie du plus grand nombre. Nous devrons, par exemple, décider si nous faisons travailler les enfants ou si on s’occupe des malades soignables rapidement au détriment des cas critiques. Ces premiers choix se présentent sous forme de lois qu’on impose à la ville. Il y a d’autres choix à faire quand on explore la carte avec une équipe de réfugiés. Ces choix-ci remettront notre morale en cause au même titre que les autres choix car il faudra, par exemple, décider si on aide des rescapés perdus dans le froid ou si on les abandonne parce qu’on a trop de bouches à nourrir. Après chaque prise de décision, nous aurons les commentaires des réfugiés qui désapprouveront certains de nos actes. Le joueur doit alors faire face aux critiques et gérer le mécontentement des citoyens sous peine d’être destitué de ses fonctions. Il faut donc équilibrer nos “bonnes” et “mauvaises” décisions afin de conserver le moral des citoyens et d’éviter leur mécontentement. Si tout se passe bien, nous pouvons réussir à survivre mais dans tous les cas, nous aurons des commentaires finaux sur nos actions, nous mettant face à nos choix et nous faisant nous questionner sur nos actes. Cela est d’ailleurs renforcé par le fait que chaque citoyen a une identité propre et une famille, ce qui augmente le tragique en cas de conséquences dramatiques.

On reprend donc les thèmes qui ont fait le succès du studio, cette manière qu’ont les développeurs de nous faire nous questionner sur notre façon de jouer. C’est très bien mis en scène, le joueur étant vraiment pris à partie émotionnellement grâce à ce scénario dur qui met le joueur face à ses choix.

Survivre à l’apocalypse pour préserver la vie.

La lutte contre le froid :

L’objectif de Frostpunk est de faire survivre un groupe de réfugiés face au froid. Le gameplay repose donc sur une gestion de la ville à travers plusieurs mécaniques. Au tout début d’une partie, on dispose du réacteur générant de la chaleur, d’un espace de stockage et de quelques réfugiés. À ce stade, on trouve des ruines avec des ressources pour subvenir à nos besoins mais il faudra très vite construire des bâtiments pour collecter des ressources. La priorité, au départ, c’est de créer des logements et répartir les tâches entre les habitants. En effet, pour chaque tâche, il faudra déterminer le nombre de citoyens qui travaillent à son accomplissement pour améliorer l’efficacité du traitement. Ce sera donc au joueur de déterminer les priorités.

Avec les premières ressources, il faudra allumer le générateur et construire des logements en cercle autour de celui-ci pour qu’ils bénéficient de sa chaleur. C’est d’ailleurs l’un des piliers de la gestion du jeu car il faudra maîtriser le froid grâce au réacteur. Il est essentiel de le garder actif et de générer assez de chaleur pour que les réfugiés ne tombent pas malades, voir pire, qu’ils meurent. Le nombre de réfugiés étant limité, on comprend rapidement que chaque vie est précieuse.

En plus de la chaleur, il faudra subvenir à leurs autres besoins notamment en terme de nourriture. Le joueur devra alors construire des bâtiments pour collecter des ressources mais il devra anticiper leur emplacement parce que s’il fait trop froid, les travailleurs peuvent tomber malades ou le bâtiment peut carrément fermer. Il est donc important pour le joueur de tout calculer pour gérer sa ville au mieux. Dans une partie plus avancée, on pourra tout de même recourir à des automates résistants au froid mais il faudra survivre jusque là.

Afin de survivre, il faudra aussi faire des choix en signant des lois pour gérer la ville. Ces décision ne seront pas toujours populaires bien que nécessaires. Il faudra donc équilibrer l’espoir et le mécontentement pour ne pas être banni de la ville. Ces lois peuvent notamment décréter le travail des enfants, une décision impopulaire mais nécessaire en l’absence de main d’oeuvre.  D’autres choix seront liés à la technologie car il faudra développer de nouvelles technologies pour garantir la survie des habitants. Le joueur devra, à nouveau, déterminer les priorités car la recherche d’une technologie demande du temps, c’est pourquoi il faut commencer par rechercher les plus urgentes. La dernière catégorie de choix est liée aux expéditions qu’on peut envoyer dans des zones proches de la base. Pendant ces expéditions, il y aura divers événements. On pourra notamment croiser des survivants et il faudra choisir si on les aide ou non, avoir de la main d’oeuvre supplémentaire mais aussi des bouches en plus à nourrir. Il faudra déterminer la meilleure décision pour la survie et affronter les conséquences.

Frostpunk est clairement un Rogue-like car c’est par l’échec qu’on apprend et qu’on parvient à maîtriser les mécaniques du jeu. C’est un jeu dur qui demande énormément d’anticipation, les choix ont des conséquences importantes et ils sont au cœur du gameplay. Alors oui, il est dur mais cela rend la réussite gratifiante surtout que Frostpunk est un jeu très riche. Il a un gameplay complet, original et maîtrisé, ce qui rend le tout très plaisant et très chronophage.

L’outil indispensable à notre survie.

L’association du Steampunk et de la neige, une combinaison gagnante :

Frostpunk est un jeu magnifique qui joue parfaitement avec les effets visuels dans la neige. On apprécie de voir les chemins creusés dans la neige par les travailleurs, les couches qui s’installent sur les maisons froides ou la fonte des glaces avec l’augmentation de la chaleur, tant ces éléments sont implantés naturellement et parfaitement mis en scène. À eux seuls, ces effets visuels sont impressionnants et pourtant le rendu visuel global du titre est exceptionnel. Le décor est très bien détaillé, les personnages sont expressifs, on comprend leur désarroi et les bâtiments Steampunk ajoute une originalité qui s’harmonise parfaitement avec le reste.

À cette très bonne ambiance s’ajoute une bande-son qui complète le rendu visuel. Elle comprend des effets sonores qui s’accordent parfaitement  à l’ambiance notamment le gong qui précède une baisse de la température comme un glas, accentuant le désespoir de la population. Elle comporte des thèmes musicaux en accord avec les événements, encourageant quand l’espoir augmente et mélancolique quand il descend. L’ambiance reflète donc la qualité générale de Frostpunk, elle est complète et très bonne.

Cette neige si lisse, creusée si naturellement…

Recommencer pour se perfectionner :

Pour finir un scénario complètement, il faut compter 3-4 heures environs mais ça, c’est à condition de survivre. Comme je l’ai déjà dit, Frostpunk est dur et il faudra  faire plusieurs parties et mourir plusieurs fois pour comprendre toutes les mécaniques du jeu et finir un scénario. La rejouabilité est donc conséquente grâce au Die and Retry. Il faudra alors compter une dizaine d’heures pour bien finir un scénario et sachant qu’il y en a 3 aux objectifs très différentes, on constate que le jeu a une durée de vie correcte. De plus, le studio a promis d’alimenter Frostpunk avec de nouveaux scénarios, ce qui va encore élargir la durée de vie et montre aussi le suivi des développeurs.

On peut tout de même noter qu’une certaine répétitivité peut s’installer quand on a assimilé les mécaniques. J’espère donc qu’ils ajouteront des nouveautés dans le gameplay en plus des nouveaux scénarios pour palier à cette répétition.

C’est mal parti…

[TEST] Frostpunk, la survie glaciale
Si This War of Mine a permis à 11 bit studios de se faire une place importante dans l'univers du jeu engagé, Frostpunk montre qu'ils ont l'intention de la garder. Alliant une excellente réalisation à un gamaplay complet et addictif, Frostpunk conviendra à tous les amateurs de gestion cherchant un challenge. De plus, le studio nous propose de nouveau une expérience particulière car il nous met, une fois de plus, en face de nos choix pour remettre en cause notre morale en nous prenant à partie. Les qualités du titre confirment la place de 11 bit studios dans le jeu vidéo engagé mais aussi le très gros travail qu'il a fait sur le jeu car il parvient à transmettre un message tout un proposant un titre très addictif.
Scénario10
Gameplay10
Ambiance10
Contenu9
Les plus :
  • Frostpunk nous fait vraiment réfléchir à nos actes.
  • Un gameplay parfait.
  • Des effets visuels qui flattent la rétine.
Les moins :
  • Une répétition peut s'installer.
9.8Note Finale
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