La Bêta ouverte de Dissidia Final Fantasy NT est disponible du 12 au 21 janvier, alors affûtez vos épées et rassemblez votre bravoure : le combat entre les forces du bien et du mal commence!

Fighting Fantasy

C’est le titre qu’a bien failli porter l’une des plus célèbres séries de RPG. Ses créateurs cherchaient un nom pouvant s’abréger en FF, pour que ce soit facile à retenir. Toutefois, ce nom étant déjà pris par une gamme de jeux de rôle papier et de “livres dont vous êtes le héros” (connus en France en tant que “Défis Fantastiques”), la série de RPG est donc devenue Final Fantasy.

Si les combats des FF sont au tour par tour, leur éditeur : Square, s’est essayé aux jeux de baston en 3D sur PS1 dès 1996 avec Tobal n°1, dont la dizaine de personnages est dessinée par TORIYAMA Akira, le papa de Dragon Ball, et qui inclut des mécaniques de RPG, notamment dans son mode histoire ; puis à nouveau quelques mois plus tard dans Bushido Blade, une exigeante simulation qui vous met dans la peau d’un épéiste suivant le code d’honneur des samouraïs.

Dans Bushido Blade, les combattants n’ont pas de barre de vie. Pas besoin : le moindre coup peut être fatal…

 

En 97, Final Fantasy fait une première discrète incursion dans le genre, lorsque des chocobos deviennent des personnages jouables de Tobal 2. Mais c’est l’année suivante que la série en vient aux mains pour de bon, quand une partie du cast de FFVII se produit dans Ergheiz : God Bless the Ring.

Tobal 2 possède un roster impressionnant de plus de 200 personnages jouables… dont 2 chocobos!

 

Ergheiz : Cloud et Sephiroth prêts à en découdre!

 

Les fans se prennent alors déjà à rêver : avec des personnages qui changent à chaque épisode, FF a un casting conséquent, qui pourrait donner lieu à un sacré tournoi!

Cela n’arrivera pourtant pas tout de suite, car les équipes de Square travaillent sur un gros projet : Kingdom Hearts, un jeu d’action aventure qui mêle les univers de Disney et de Final Fantasy. On y affronte ses ennemis grâce à un système de ciblage popularisé quelques années plus tôt par The Legend of Zelda : Ocarina of Time, mais en y ajoutant un grand dynamisme et une dimension verticale grâce à des mouvements aériens : double-saut, vol plané…

Pour s’y retrouver dans les combats de Kingdom Hearts, le joueur peut compter sur le système de verrouillage des cibles.

 

Les graines de Dissidia sont plantées et deux jeux verront le jour sur PSP en 2008 et 2011.

Le premier vous propose de confronter 22 personnages issus des 12 premiers épisodes de Final Fantasy à travers les modes combat rapide, VS local, arcade, colisée ou narration.

2008 : les fans ont enfin un jeu de combat dédié à Final Fantasy!

 

Dans le mode narration, on apprend que la déesse Cosmos et le démon Chaos s’affrontent pour le sort de l’univers et qu’ils font, à cette fin, appel à des guerriers de différents mondes. Et… c’est à peu près tout. Nos héros vont cheminer dans un monde chaotique, affrontant des hordes d’homoncules (des clones des autres personnages), un mini-boss plus ou moins justifié, avant de terminer par l’antagoniste issus de leur épisode. En jeu, cela se traduit par l’alternance de cinématiques et de plateaux sur lesquels il faut déplacer son personnage tout en étant assez fin stratège pour récupérer tous les objets. Il faudra d’ailleurs refaire certains plateaux pour pouvoir tout prendre. C’est étrange mais assez fun.

Le mode histoire de Dissidia sur PSP est assez original.

 

L’opus suivant, en réalité une préquel intitulée Dissidia Duodecim, n’apporte pas grand chose : 7 nouveaux personnages et le scénario qui les suit, une map en 3D (dans l’esprit des FF VII à IX) entre les donjons-jeux-de-plateau et une localisation partielle, quand le premier était intégralement traduit… La compatibilité avec son prédécesseur, qui permet de conserver le niveau de ses personnages, leur équipement, etc… renforce l’impression d’avoir affaire à un add-on de Dissidia premier du nom plus qu’à un jeu stand alone.

La carte du monde. Un des ajouts de cette seconde mouture.

 

En 2015, un jeu d’arcade nommé simplement Dissidia : Final Fantasy (soit comme le premier jeu sur PSP) débarque dans les salles japonaises.

Ninja Team

Et c’est ce titre qui arrive aujourd’hui sur PS4, auquel on a ajouté la mention NT pour éviter toute confusion avec le premier jeu de la série.

Il a été développé, sur des systèmes PS4 modifiés pour l’arcade, par la Team Ninja, à qui on doit déjà DMC, le très controversé reboot de Devil May Cry. Il s’agit d’une suite directe des deux itérations PSP et, s’il conserve en partie la formule qui a fait le succès de ceux-ci, il apporte également son lot de nouveautés.

New Tournament

Côté scénario, la recette est quasi-identique : deux forces s’affrontent pour le sort de l’univers et font s’affronter héros et vilains de tous les FF. Seule différence : il ne s’agit plus ici de Cosmos et Chaos dont le règne prend fin à l’issu du premier Dissidia, mais de Materia et Spiritus, les héritiers de leurs pouvoirs.

L’artwork d’AMANO Yoshitaka met en scène Spiritus (à gauche) et Materia dans leur bataille éternelle.

 

Nomura Tetsuya

Le designer, père des derniers FF, de KH et bien sûr des jeux Dissidia, a offert un lifting à tout ce petit monde, rendant les différents personnages plus réalistes et un peu plus sombres.

Il a choisi le roster du jeu parmi ses personnages fétiches et le line up final ressemblera assez à celui du jeu original moins Gabranth (XII), mais avec Kain (IV), Vaan (XII) et Lignthning (XIII), tous trois déjà présents dans Dissidia Duodecim, ainsi que les nouveaux Yshtola (XIV), Noctis (XV), Ace (Type-0) et Ramza (Tactics). On pourra donc s’attendre, dans des dlc ultérieurs, à l’arrivée d’au moins 6 personnages passés à la trappe, et, qui sait, peut être d’autres parmi les centaines de héros que compte la série.

Pour la bêta ouverte, les personnages disponibles vont changer régulièrement jusqu’au 21 janvier, de manière à ce que tous soient jouables, mais pas en même temps.

Le roster au lancement de la bêta. Si votre personnage favori n’y est pas, patience, il sera sans doute dans la prochaine fournée.

 

New Technology

Si le scénario semble une nouvelle fois être un pretexte à faire s’affronter les différents protagonistes et antagonistes de la série, dans des environnements issus de tous les épisodes, côté réalisation, en revanche, il y a du nouveau!

Le moteur du jeu permet d’afficher de beaux graphismes, détaillés et d’animer les personnages de façon dynamique et réaliste.

Les environnements sont somptueux et bien plus vastes et colorés que dans les opus précédents. Ils sont en outre interactifs, avec de nombreux éléments destructibles, et évolutifs, certains changeant du tout au tout en cours de combat, comme les environs de Narshe qui représentent le monde de l’équilibre en début de combat, sous la forme de plateaux enneigés ; et le monde des ruines en fin d’affrontement, avec son sol stérile et sa lumière pourpre menaçante.

Les environs de Narshe, avant le cataclysme.

 

Les différents effets de lumière sont aussi très efficaces et renforcent le sentiment d’immersion. Qu’il s’agisse simplement des ombres des personnages, ou des effets visuels des magies et autres invocations.

En bref, c’est beau, c’est fluide, un véritable ravissement pour les yeux.

Les environnements sont bien plus colorés que dans les versions antérieures.

 

Les oreilles ne seront pas en reste, puisque la bande-son est, elle aussi à la hauteur! On retrouve les grandes musiques des différents FF, parfois servis par des orchestrations étonnantes, comme le thème de boss de FFXII avec des guitares électriques! En tout cas, c’est toujours un plaisir de réentendre les compositions de Uematsu et ses pairs.

New Tactics

Côté gameplay, on reprend la formule qui était au coeur des précédents épisodes : le tandem bravoure/HP : au début du combat, chaque attaquant dispose d’une bravoure de 1000. S’il lance une attaque de HP, il infligera 1000 points de dégats à son adversaire et sa bravoure tombera à 0. Elle sera restaurée au fil du temps. Ou bien, il pourra utiliser des attaques de bravoure pour faire diminuer cette resource chez son opposant, tout en augmentant la sienne. Mieux encore, si la jauge d’un personnage tombe à 0, il se retrouve en état de faille, momentanément incapable d’infliger des dégats, tandis que son agresseur reçoit un bonus de bravoure pour lui infliger des dégats maximums!

Il faudra donc alterner avec parcimonie les deux types d’attaques pour venir à bout de ses adversaires.

Mais la grande nouveauté de ce titre, c’est que les combats n’ont plus lieu en 1 contre 1, comme sur PSP, mais en 3 contre 3!

Si les jeux précédents étaient bien équilibrés, ici c’est un système de classes et de complémentarité qui rendra chaque affrontement unique.

Chaque personnage peut être soit un guerrier spécialiste du corps à corps, mais relativement lent, soit un assassin rapide mais moins puissant, soit un tireur qui sera plus à l’aise avec les attaques à distance. Il en résulte une mécanique de Pierre-Feuille-Ciseaux, chaque job l’emportant sur le suivant.

Il existe aussi des Spécialistes, un job versatile qui tirera parti de ses capacités spéciales uniques pour prendre l’avantage sur n’importe quel adversaire… ou pas.

Le 3 contre 3 donnera naissance à des alliances inattendues.

 

Ces actions, les compétences EX, peuvent être utilisées quand la jauge dédiée est pleine. Elles remplacent les super attaques des versions précédentes, mais largement diminuées. Si elle peuvent s’avérer utiles en soignant les compagnons ou en infligeant des altérations d’état aux ennemis, elles sont tout de même bien plus dispensables que leurs ancêtres.

Les invocations, en revanche ont gagné en efficacité! Outre des visuels superbes et impressionnants, elles infligeront des attaques de zone sur la bravoure des adversaire, pouvant faire basculer l’issue d’un combat en un clin d’œil.

Alexandre vient donner un coup de pouce aux héros avec son rayon du jugement.

 

Dans un combat classique, on remporte la victoire après 3 K.O.s, mais être mis au tapis ne signifie pas la fin pour autant!

Quand votre jauge de HP tombe à 0, vous êtes “inconscient”, mais vous pouvez continuer à vous déplacer pour réapparaître au bout de quelques secondes et reprendre le combat. Il est donc possible de vaincre une équipe en mettant K.O. le même personnage 3 fois de suite sans toucher à ses alliés.

J’ai été mis K.O., mais je vais revenir me venger!

 

En terme de sensations de jeu, il faut un temps d’adaptation : le 3 contre 3 et les différentes possibilités de gameplay font que l’interface est très chargée : vous devez, pour votre seul personnage gérer 3 ressources, plus la jauge d’invocation qui est commune. On peut vite s’y perdre!

Beaucoup de possibilité impliquent des touches ou combinaisons à maitriser. C’est dommage que la configuration des jeux d’origine n’ait pas été gardée, ou du moins qu’il ne soit pas possible de reconfigurer les touches selon ses goûts. Les afficionados des premiers opus risquent de se mélanger les pinceaux.

Le system de lock est aussi peu intuitif, d’autant qu’il change d’un mode de jeu à l’autre.

Bref, les premiers affrontements sont un peu confus, mais on finit par s’habituer.

On ne retrouve toutefois pas tout à fait les sensations du premier opus, plus nerveux et plus vertical. Dommage.

New Trials

Plusieurs modes de jeu seront disponibles :

Le mode entrainement, qui peut s’avérer indispensable pour assimiler certaines notions de gameplay, nous propose des petites missions assez simples et des combats pour mettre ses acquis en pratique.

Le mode combat hors ligne propose des matchs libres, lesquels ne sont pas disponibles dans la bêta, mais qui devraient ressembler à ceux des opus précédents : un combat unique paramétrable avec différentes options (adversaires et leurs niveaux, zone de combat, etc…) ; ainsi que le mode combat express qui n’est autre qu’un mode arcade. Il permet d’enchaîner des combats classiques dans une difficulté croissante, allant de bronze à cristal.

A chaque étape du mode arcade, on peut choisir l’affrontement suivant dans une liste. Ici, les différentes propositions sont de rang cristal, soit des adversaires plutôt coriaces.

 

Ce mode propose également des “combats de quartz”, dans lesquels il faut détruire le cristal ennemi tout en défendant le sien. Si ce mode “capture the flag” est intéressant à jouer, il est dommage que l’IA ne soit pas plus efficace : avec un personnage de type tireur, on peut venir à bout du cristal adverse sans aucune difficulté si on se place à la bonne distance…

Le cristal adverse n’est pas défendu : à l’attaque!

 

Le mode histoire donne accès à des cinématiques et des combats, que le joueur débloque à l’aide de memoriae gagnées en parcourrant les autres modes. Dans la bêta, on a juste accès à 4 cinématiques, qui plus est jolies, mais pas vraiment passionnantes.

Le mode trésors permet de glaner des récompenses pour personnaliser son profil ou ses combattants.

Enfin, le mode en ligne (qui, dans cette bêta ne necessite pas d’abonnement PS Plus!) permet de prendre part à des combats avec ses amis ou avec des inconnus. Le match making est déterminé en fonction du rang en ligne (différent du rang hors ligne), qui progresse à mesure que l’on gagne des combats.

Lors de la rédaction de ce test, des petits ralentissements ont parfois eu lieu, notamment dans la nuit du 12 au 13 janvier, sans doute à cause de petites faiblesses du serveur qui a du être pris d’assaut, mais rien qui ne nuise vraiment à l’expérience de jeu.

Cet online est fun à jouer et ça joue même déjà pas mal, même s’il est parfois difficile de se coordonner avec ses équipiers. Pour cela, le jeu prévoit un système de chat avec des phrases prédéfinies, mais qui demande lui aussi une certaine adaptation.

Il est toutefois possible de le configurer dans le mode personnalisation et le joueur pourra même gagner de nouvelles phrases lors de ses aventures.

Le mode personnalisation permet en outre de modifier légèrement son personnage en changeant ses techniques EX et son attaque de HP, ou en lui équipant des armes et tenues qui auront un effet purement cosmétique. On est loin des possibilités de customisation des titres PSP. Dommage.

Changer d’arme est simplement cosmétique. Dommage…

 

Pour résumer

Ce nouveau Dissidia, une fois une petite période de prise en main passée, remplit la plupart de ses promesses, en nous offrant de l’action bien rythmée avec une pointe de stratégie. Certains aspects sont toutefois un peu décevants, notamment la pauvreté des possibilités en matière de customisation de personnages. On lui pardonnera toutefois en raison du fun qu’il nous promet!

[Preview] Dissidia Final Fantasy NT sur PS4
Le scénario3
Les graphismes9
Le gameplay7
Le contenu6
Les musiques9
Les points positifs
  • Très beau
  • Fun à jouer
Les points négatifs
  • On attend pas grand chose du scénario
  • Confus au début
  • Le mode personnalisation assez décevant
6.8Note Finale

3 Réponses

  1. Totaya17
    Totaya17

    J’ai aussi testé cette bêta, et j’en suis ressorti complètement déçu. Contrairement à ton avis je ne l’ai pas trouvé fun à jouer. Il manque des choses qu’étaient présentes sur les opus précédents. Ça procure comme un sentiment de vide je trouve.
    Par contre, excellent l’article, long et complet.

    • Matriper
      Matriper

      Totaya17, je comprends tout à fait ton point de vue. Il est possible que j’ai été un peu trop gentil sur certains points. Le fait est que je me suis amusé pendant les quelques heures que j’ai passées à tester cette bêta et je trouve certaines idées sympas (Le 3vs3, Le respawn, la nouvelle façon d’invoquer…). De là à dire qu’il vaut les épisodes PSP, non, en effet.

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