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Prévu pour 2018 en exclusivité sur la Switch de Nintendo, “Project Octopath Traveler” (titre provisoire) est un J-RPG issu de l’imagination des producteurs de la série Bravely Default/Second. Disponible sur l’eShop en démo jouable depuis septembre, voici une première impression de ce titre qui sent bon l’old school.

 

Un air de SaGa

            Si cette démo ne donne que peu d’indications sur l’univers dans lequel se déroule le jeu, mis à part un contexte d’inspiration européenne, avec de nombreux noms aux consonnances germaniques et des références au poème anglo-saxon Beowulf ; la première chose qui nous apparait, c’est la multiplicité des scénarios.

En effet, comme le titre “octopath” l’indique, il nous sera d’entrée donné à choisir une des 8 voies disponibles, personnifiées par 8 personnages, à la manière d’un Romancing SaGa ou d’un SaGa Frontier. Chacun suivra son propre scénario, mû par ses propres motivations. Un court texte suivi d’une séquence animée avec le moteur du jeu et entièrement doublée nous permettront de faire connaissance avec le protagoniste séléctionné avant de nous lancer dans l’aventure.

En progressant dans le jeu, il sera possible de recruter les 7 autres héros dans son équipe. On ignore pour le moment si d’autres personnages seront jouables, mais il est également possible de faire appel à des PNJ en combat, sous certaines conditions.

Project Octopath Traveler

Les 8 personnages proposés en début d’aventure.

Dans la démo, il sera possible d’incarner Primrose Azelhart la danseuse ou Olberic Eisenberg le chevalier errant.

Tous deux sont exilés dans une région reculée à cause d’un lourd passé : le désert pour la première et la montagne pour le second.

Kill Bill

Project Octopath Traveler

            Quand elle était enfant, Prim a été témoin du meutre de son père par trois membre d’une organisation criminelle. Chacun arbore un tatouage de corbeau. Elle n’aura alors de cesse de les retrouver pour assouvir sa vengeance.

Ses recherches la mèneront à Ombrelle, la ville du désert où le soleil ne se lève jamais. Là, elle attendra son heure dans le quartier des plaisirs, n’hésitant pas à se vendre à l’odieux Helgenish en tant que danseuse. C’est une existence difficile et solitaire, victime des abus de son “maitre” et de la jalousie des autres danseuses, elle ne trouve de réconfort qu’en la personne de son amie Yusufa.

Project Octopath Traveler

Le jeu laisse planer le doute, mais le terme de danseuse est peut-être en fait un euphémisme pour
désigner une réalité bien plus dure…

Quand un soir “l’aile gauche du corbeau” fait son apparition dans le public, Primrose entreprend de s’échapper pour traquer le meurtrier. Mais Helgenish n’entend pas laisser filer sa favorite…

Sanjuro

Project Octopath Traveler

            Olberic est un chevalier au service du royaume de Cornebourg. Lors d’un coup d’état sanglant, il faillira à garder son suzerain de la lame d’Erhardt, qui fut jadis son compagnon d’arme.

En exil depuis ce jour, il arrive dans le petit village montagnard de Paveton ou il s’établit en tant que garde du corp. Quand des bandits attaquent le village et enlèvent Philip, un garçon en qui il voit un fils, il n’hésite pas une seule seconde à prendre les armes. Il ignore qu’il sera rattrapé par son douloureux passé…

Sous son nom allemand, Olberic a tout du rônin, ces samourais sans maîtres qui, deshonnorés, errent en prêtant leur lame à la veuve et à l’orphelin, et qui peuplent le cinéma de KUROSAWA Akira.

Comme au cinéma

          Côté scénario, c’est donc la vengeance qui est à l’honneur. On retrouve donc les codes du cinéma de genre tant dans la narration que dans la mise en scène, avec de longues phases de dialogues doublés et un peu surjoués, disponibles en version anglaise ou japonaise.

Une localisation de qualité renforce l’immersion, notamment en adaptant les registres de langue des différents locuteurs : Helgenish est vraiment malsain, alors que le chef des brigands s’exprime avec des termes argotiques bienvenus.

Project Octopath Traveler

On sent bien qu’on a affaire à un brigand.

Nos deux héros évoluent dans des environnements sombres : une ville nocturne et ses catacombes ou une montagne brumeuse et ses grottes obscures. Les autres personnages nous permetront sans doute de visiter des lieux plus colorés, mais ceux qui nous sont proposés ici servent bien le propos des histoires de la danseuse et du chevalier errant.

Les graphismes ont un aspect assez particulier : mélange de 3D et de 2D, avec des sprites volontairement pixélisés, le rendu peut évoquer SaGa Frontier, mais auquel on aurait rajouté toutes sortes de jeux de lumière, de brouillard, de transparence, de filtres sépia et d’effets de focale.

La mise au point se fait sur le personnage et les éléments lointains sont flous, celà donne une impression de profondeur de champs qui se marie étrangement bien avec l’aspect plat des sprites. Pas étonnant quand on sait qu’une partie de l’équipe vient de la série Bravely sur 3DS, qui jouait elle aussi habilement avec les perspectives via la 3D relief de la portable.

L’ensemble ne plaira peut être pas à tout le monde, mais il est indéniable qu’il y a là un véritable parti-pris artistique et une recherche approfondie dans les moyens de le mettre en oeuvre.

La musique participe elle aussi à l’ambiance  du jeu, avec des compositions variées et riches, incluant des effets sonores qui les rendent encore plus immersives, comme des sons de foule dans les rues d’Ombrelle.

Chacun son style

            Côté gameplay, on constate que, si l’ensemble de l’expérience est similaire pour les deux personnages, chacun a ses petites particuliarités qui permettront de varier les plaisirs.

Sur le terrain, tout d’abord : chaque personnage dispose d’une capacité d’interaction avec les PNJ : Olberic peut défier les passants en combat singulier, alors que Primrose peut user de ses charmes pour les emmener à sa suite, s’ouvrant ainsi de nouvelles voies et s’adjoignant par la même occasion un nouvel allié pouvant intervenir pendant quelques tour au combat.

Project Octopath Traveler

La démo est parsemée de tutoriels pour saisir les subtilités du gameplay.

En combat, ensuite : si on a affaire à du tour par tour classique, l’ordre des actions étant déterminé par la rapidité (comme dans un Bravely, par exemple) un petit tour dans l’inventaire nous permettra de constater que le soft nous offre le choix entre 6 types d’armes différents. Toutefois, chacun aura sa spécialité. Aussi Olberic peut-il équipper des épées et des lances, qu’il pourra alterner à sa guise en combat, tandis que Primrose ne peut manier que des dagues. Elle compense cependant le fait de ne pouvoir porter qu’une arme par sa maitrise de la magie des ombres.

Project Octopath Traveler

2 boutiques sont disponibles dans la démo. Elles offrent les même choix : les équippements de base
et une série plus avancée.

Cette versatilité des personnage va être déterminante face aux monstres qui peuplent le monde d’Octopath Traveller, car chacun a entre une et trois faiblesses.

Ainsi, face à un rat des collines, Olberic ferait mieux de brandir son épée, qui sera bien plus efficace que la lance, Primrose, quant à elle aura de bons résultats à la dague, mais pas avec sa magie d’ombre. Si en revanche l’adversaire est un faucon géant, la stratégie sera l’exact opposé! Il faut donc adapter ses actions en fonction de son adversaire. Heureusement, une fois qu’on à découvert la faiblesse d’un ennemi, cette dernière nous sera rappellée par un système d’icones facile d’utilisation.

En outre, utiliser la bonne arme peut ouvrir une faille dans la défense de l’ennemi. Lorsqu’on choisit sa cible, on peut voir, à gauche de ses faiblesse, un bouclier contenant un chiffre. A chaque attaque qu’on lui inflige en exploitant sa faiblesse, ce chiffre diminue. Lorsqu’il arrive à 0, l’ennemi est en état de faille, c’est à dire que ses défenses sont au plus bas et qu’il n’est plus capable de jouer jusqu’à la fin du tour suivant.

Project Octopath Traveler

En exploitant la faiblesse à l’épée de cet ennemi, Olberic à ouvert une faille dans sa défense!

C’est le moment de lui infliger un maximum de dégats! Pour cela, l’exaltation sera un attout précieux.

Ce système, que le jeu nous présente comme inédit, ressemble en fait beaucoup à des mécaniques vues dans Final Fantasy 4 Heroes of Light, ou encore dans les Bravely : il s’agit de points que l’on peut stocker ou dépenser à sa guise. On peut en accumuler jusqu’à 5 et ils s’utilisent au maximum par 3. Un point d’exaltation permet, pour le tour en cours, soit d’ajouter des attaques supplémentaires à l’attaque normale, soit d’ajouter un niveau à une attaque spéciale.

Project Octopath Traveler

Olberic a dépensé 3 points d’exaltation. Le voilà donc au maximum. Il pourra soit attaquer 4 fois,
soit lancer une attaque spéciale de niveau max.

Ces deux fonctionnalités seront bien utiles face aux boss qui, non contents d’être des sacs à PV, possedent une attaque susceptible de vous envoyer au tapis, mais heureusement annoncée par un tour de charge.

Cela dit, il est facile de monter son exaltation, en ce que le personnage gagne un point par tour quelle que soit son action (sauf si il utilise son exaltation). Ce système est donc plus permissif qu’un system de Bravely/Default qui vous oblige à vous mettre en danger pour accumuler de la puissance.

On se rendra donc vite compte que pour défaire les petits ennemis sans mal, il est facile de spamer l’exaltation en attaquant leur faiblesse. En utilisant le stun provoqué par la faille, il est possible de vaincre des monstres sans leur laisser le temps d’agir. Il faudra donc voir ce que donnent ces mécaniques sur le long terme.

Project Octopath Traveler

Les deux boss de la démo exigeront de vous une bonne compréhension des systèmes de faille et
d’exaltation.

Autre points sur lesquels le soft semble permissif : le gain de niveau qui restaure entièrement votre personnage et qui se produit assez souvent (dans la petite heure necessaire pour finir un des scénarios en prennant son temps, vous gagnerez sans mal un dizaine de niveaux) ; et la fréquence des points de sauvegarde. Ceux-ci sont personnifiés par un voyageur chapeauté, qui n’est pas sans rappeler le PNJ en charge des sauvegardes dans 4 Heroes of Light et les Bravely, et on le voit littéralement partout! Ajoutons aussi que les auberges sont gratuites!

Project Octopath Traveler

Le voyageur. Ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un? Il ne lui manque qu’un renard…

Pas de grosses difficulté donc pour finir cette démo. Fait apréciable toutefois : elle propose un “post démo challenge”!

En effet, une fois le chapitre d’un personnage terminé, vous aurez droit à un écran vous vantant la qualité du jeu complet, puis la possibilité de poursuivre votre exploration. Vous aurez même accès à la zone voisine, c’est à dire celle de l’autre personnage, et la possiblité de recruter ce dernier!

Project Octopath Traveler

Certains chemins resteront évidemment fermés et le jeu nous le dit, non sans humour.

Project Octopath Traveler

Avec deux personnages, les combats seront encore plus aisés.

Un système de quête optionnelles fait également son apparition : lorsque le joueur s’adresse à certains PNJ, les mots “l’histoire de […] a commencé” apparaissent en bas de l’écran. Acceder à la requête de ces personnages necessitera l’usage des capacités de terrain (le duel et la séduction) et il sera indispensable, pour terminer les 4 taches proposées, de recruter son compagnon. En cas de succès, on se verra remettre une récompense sous forme d’objets.

Notez que l’une de ces quêtes vous mènera dans les tréfonds d’un temple peuplé de monstres un peu plus coriaces que ceux du reste de la démo! De quoi atteindre rapidement le niveau 15, le maximum de cette version du jeu.

Project Octopath Traveler

Trouvez comment venir en aide au marchand pour obtenir une récompense.

En conclusion :

            Cette démo, qui offre 2 bonnes heures de jeu si vous voulez finir les deux scénarios, voire plus si vous voulez trouver tous les secrets qu’elle renferme, remplit fort bien son rôle de teasing du jeu.

Celui-ci nous promet des visuels qui, s’ils ne plairont peut être pas à tous, n’en sont pas moins originaux et très travaillés, au service d’un gameplay simple, mais efficace, intuitif sans être trop rébarbatif, avec pour toile de fond un scénario cinématographique servi par des musiques immersives.

On a hâte de rencontrer les 6 autres personnages, pour découvrir d’autres ambiances et d’autres façons de jouer par le biais de nouvelles armes, compétences et actions de terrain.

Les joueurs hardcore n’y trouveront peut être pas le challenge de l’année : pas de difficultés particulières dans cette démo, à part les deux combats de boss, un cran au-dessus, mais pas insurmontables si on a bien compris le principe, et le temple primitif qui renferme des monstres un peu plus coriaces. Mais ne vendons pas la peau de l’ours, le produit final pourrait bien nous surprendre avec sa courbe de difficulté. Les demos des Bravely étaient en effet bien plus faciles que les jeux complets…

En tout cas, ça fait plaisir de voir un tel titre enrichir le catalogue de la Switch, tant, chez Nintendo, depuis plusieures générations de machines, ce genre de jeux semblait cantonné aux consoles de la famille DS/3DS.

Un titre à suivre donc!

Project Octopath Traveler

N.B. : Les appréciations qui suivent ne concernent que la démo. Celle-ci ne permet pas de se faire une véritable idée du titre final, en particulier en ce qui concerne le scénario.

[Preview] Project Octopath Traveler sur Switch !
Le Scénario7
Les Graphismes9
Le Gameplay8
Le Contenu7
Les Musiques7
Les points forts
  • Un véritable parti-pris artistique
Les points faibles
  • Ça manque parfois un peu de couleurs, mais attendons de voir les autres environnements...
  • Quel challenge le jeu final offrira-t-il?
  • Ça sort quand?
7.6Note Finale
Note des lecteurs: (0 Vote)
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