[TEST] Detroit : Become Human, l’apogée de Quantic Dream

Detroit : Become Human est l’un des jeux les plus attendus de cette année. Développé par le studio français Quantic Dream, Detroit : Become Human nous projette dans un futur proche où la technologie a fait un énorme bond en avant. Dans cet avenir, les androïdes sont choses communes, ils ont l’apparence humaine et sont au service des humains. Ils font alors leurs tâches ménagères, répondent à leur désir ou font les travaux les plus ingrats. Dans cet univers cyberpunk, nous allons justement être aux commandes de trois androïdes qui vont faire face à cette servilité. Néanmoins, ils vont très vite comprendre qu’ils sont plus que des machines et qu’ils vont devoir faire un choix car la révolution gronde.

Androïd revolution :

Dans Detroit : Become Human, nous sommes en 2038 dans la ville de Detroit, dans un monde où les androïdes font parties du paysage et sont au service de l’humanité. La technologie occupe une grande place dans la société et l’humanité est divisée par rapport à celle-ci. Certains voient la technologie comme une bénédiction et d’autres comme un fléau qui va détruire le monde. Les androïdes sont les principaux concernés parce qu’ils aident les gens dans leur quotidien et font leurs tâches les plus ingrates, ce qui veut dire qu’ils ont remplacés les humains dans certains travaux. Un androïde ne se fatigue pas, il est donc tout qualifié pour les travaux publics au détriment des humains, cela crée un chômage très important, provoquant une aversion pour les androïdes de la part des humains qui perdent leur travail. On se situe dans une véritable période de troubles qui est accentuée par des androïdes qui commencent à se rebeller contre les humains. Ces “déviants” prétendent ressentir des émotions et ne tolèrent plus les mauvais traitements qu’on leur fait subir. C’est dans ce contexte qu’évoluent les personnages qu’on contrôle, trois androïdes qui se nomment Connor, Markus et Kara. Ces trois personnages vont faire face à cette évolution des androïdes et devront choisir leur rôle au sein de ce soulèvement.

La technologie est au cœur de l’environnement.

Le premier personnage est Connor, un prototype envoyé par Cyberlife, la société qui crée les androïdes. Celui-ci a pour mission de traquer les déviants et de comprendre les raisons qui les poussent à se rebeller. Il est là pour suppléer l’inspecteur Hank Anderson en charge de cette affaire pour la police de Detroit. Cet homme n’aime pas les androïdes et a un certain nombre de problèmes personnels notamment liés à l’alcool. Malgré cela, Connor cherchera à établir une bonne relation avec son partenaire tout en accomplissant sa mission. Néanmoins, il faudra faire des choix car les deux objectifs de l’androïde ne seront pas forcément compatibles. Connor est le personnage qui va tenter d’arrêter les déviants car il souhaite rester fidèle à sa mission et refuse d’accepter la déviance, il considère qu’une machine ne peut pas avoir d’émotions. Cependant, il sera très troublé lorsqu’il sera en face des déviants qui lui sembleront très humains et les remarques de son partenaire ,qui semble aussi surpris que lui, sur l’humanité dont font preuve ces androïdes, renforceront ce trouble. Son évolution va dépendre des choix du joueur mais il est le personnage le plus développé sur la progression car les choix que l’on fait, le conduisent sur des chemins très différents.

Le deuxième androïde est Kara, un modèle conçu pour exécuter les tâches ménagères. Elle se retrouvera au départ, dans un foyer avec un père et sa fille Kara dont elle devra s’occuper. Néanmoins, elle se rend vite compte qu’elle est en face d’un père abusif et violent. Elle assistera à une scène de violence du père qui la conduira à devenir une déviante. En effet, elle va sauver la petite fille et s’enfuira avec elle. Ensuite, elle fera tout pour la protéger, au point de remplir un véritable rôle de mère. C’est un personnage qui n’a pas une grande place dans la révolution mais qui est important car il montre la profondeur des sentiments que développent les machines.

Le dernier personnage est Markus, un prototype qui a été conçu spécifiquement pour son propriétaire, un peintre célèbre et handicapé, du nom de Karl. Markus a une très bonne vie, il est bien traité par Karl et l’apprécie énormément mais tout va basculer quand Markus va se faire agresser par le fils de Karl qui cherche à soutirer de l’argent à son père. En effet, il sera abattu par la police suite à l’agression dont toute la responsabilité lui retombera dessus, le rendant déviant par la même occasion. Il se réveillera dans la casse des androïdes, endommagé. Il va se réparer en récupérant des pièces sur des androïdes détruits et va décider de rejoindre le refuge des déviants afin de préparer la révolution.

Il faudra faire des choix en jouant à Detroit : Become Human, des choix qui influenceront  toute l’aventure, jusqu’à changer la fin du jeu. L’aventure changera à chaque nouvelle session parce que tous les choix ont des conséquence, plus ou moins importantes. En raison de ces choix, l’implication émotionnelle du joueur est considérable car on veut aider nos personnages, on veut qu’ils survivent. À titre personnel, j’ai redémarré des parties parce que je n’étais pas d’accord avec la conséquence.

Cette implication montre à quel point l’intrigue et les personnages sont bien écrits. Malgré un thème déjà abordé, on est happé par l’intrigue prenante et on s’attache aux différents personnages tant leur relation et leurs émotions sont réalistes.

Le joueur se pose de vraies questions sur les sujets abordés : la liberté, la différence, l’acceptation, car il vit la situation sous les yeux des persécutés. On essaye alors de faire les meilleurs choix même si les conséquences externes peuvent être désastreuses. Cette mise en situation du joueur face à ses choix et l’implication qui en découle est une preuve du très gros travail du studio qui a écrit un scénario magnifique, prenant et complexe mais tellement agréable à suivre.

La prise de conscience de Markus.

Un film interactif :

L’un des reproches qu’on a beaucoup fait à Quantic Dream, c’est que leurs jeux ont un gameplay peu présent, on va jusqu’à parler de films interactifs. Detroit : Become Human déroge à cette règle parce que le joueur doit être attentif constamment et ce, même pendant les cinématiques sous peine de rater un QTE et voir son personnage mourir. En effet, l’une des mécaniques de jeu les plus présentes repose sur le Quick-Time Event ou QTE. Celle-ci consiste à appuyer sur une touche au bon moment pour réagir à une attaque, prendre une décision rapidement ou effectuer une action risquée. C’est une mécanique qui intervient principalement pendant les cinématiques et qui permet de garder le joueur attentif. Généralement, le fait de rater un QTE conduit au Game Over dans un jeu classique, ce n’est pas le cas dans Detroit : Become Human. Le fait de rater un QTE est vu comme un choix influençant le scénario car il peut conduire à la mort d’un personnage de manière permanente, y compris les principaux, mais sans empêcher le scénario de continuer après. Le joueur doit alors être pleinement attentif sous peine de faire face à une conséquence tragique. C’est intéressant parce que cela permet au gameplay de faire partie intégrante du scénario.

La deuxième mécanique de gameplay est du Point & Click et celle-ci s’intègre aussi au scénario. Tout élément qu’on a oublié a une influence car certains éléments que l’on trouve dans une zone, débloquent des chemins de conversation qui sont parfois capables de sauver des personnages. Le Point & Click consiste à trouver des indices et repérer des lieux d’intérêt en se déplaçant dans une zone afin de résoudre une enquête, trouver un endroit sûr… Cette mécanique est utilisée de la même manière dans Detroit : Become Human sauf que les indices qu’on trouve et les choix qu’on a fait, ont une conséquence sur le scénario.

Il faut aussi savoir qu’en plus de s’intégrer parfaitement au scénario, le gameplay est en accord avec le rôle des personnages. Par exemple, Connor est capable de reconstituer une scène de crime en analysant des indices. Quand il effectue cette reconstitution, on doit rembobiner une séquence montrant le crime, en examinant des instants donnés afin de comprendre ce qu’il s’est passé. C’est une mécanique qui correspond au personnage qui a un rôle d’enquêteur dans le jeu. On le retrouve aussi chez Markus qui est un personnage se situant plus dans l’action, en ce sens où le personnage doit prendre des décisions rapidement pour la communauté des androïdes et qu’il a tendance à faire des acrobaties assez compliquées. Sa particularité est de pouvoir visualiser à l’avance le meilleur trajet possible pour effectuer une action compliquée et cela, en tenant compte de toutes les possibilités. Dans ces  moments, on a de nouveau une séquence à dérouler, sauf que cette fois, il faut trouver le meilleur chemin pour accomplir une action.

Le gameplay est efficace et adapté à l’univers et aux personnages. Il est assez simple à prendre en main, ce qui permet à tous les joueurs de profiter du jeu, sans forcément être un expert. Même si l’essentiel du gameplay repose sur des QTE pendant des cinématiques, ce qui ne plaira pas à tout le monde, on n’a beaucoup moins l’impression d’être en face d’un film interactif, par rapport aux anciennes réalisations de Quantic Dream. C’est principalement dû à une plus grande variété des mécaniques de gameplay et à une présence plus importante des QTE pendant les cinématiques. L’évolution est vraiment positive pour le studio car cela permet au joueur d’être en face d’un jeu très agréable où il a vraiment l’impression d’être un acteur dans l’histoire.

La reconstitution d’une scène de crime.

Bienvenue dans le futur :

De par son scénario futuriste, il était logique que l’ambiance de Detroit : Become Human soit cyberpunk. C’est un style que j’apprécie énormément et il est parfaitement utilisé dans ce jeu. On retrouve la décadence technologique avec des humains dépendant de cette dernière, la domination des entreprises à travers les nombreuses publicités présentes en ville et la peur constante que la technologie finisse par détruire les humains. Cette ambiance est renforcée par des acteurs ultra convaincants, tout bonnement parfait dans leur rôle que ce soit visuellement ou auditivement. On sent qu’ils vivent leur rôle, ce qui est très immersif.

D’ailleurs, l’immersion est amplifiée par le menu de démarrage qui brise le 4ème mur et sollicite directement le joueur. En effet, le menu de lancement du jeu est animé par une androïde qui nous parle directement, elle fait des commentaires sur notre avancée, nous pose des questions et nous demande de répondre à des sondages. Chacune de nos réponses et nos actions dans le jeu feront évoluer cette androïdes, de manière à ce qu’on soit pleinement immerger dans l’univers de Detroit : Become Human. On a l’impression d’être un acteur dans ce monde en faisant face à cette androïde.

Les thèmes musicaux sont de tout aussi bonne qualité. LeRanger a déjà très bien commenté cette partie dans son test que je vous invite à consulter. Pour ma part, je dirai simplement que ces thèmes sont en accord complet avec les scènes et personnages qu’ils accompagnent. On retrouve notamment un thème épique pour Markus et ses instants révolutionnaires, un thème tendu pour Kara et sa fuite, bref, on voit que c’est une bande-son qui a été travaillée de manière exemplaire pour correspondre à l’ambiance du titre.

Des acteurs qui font vivre leur personnage.

Une très bonne rejouabilité :

Finir une première fois Detroit : Become Human se fait en 10 heures environs, ce qui est une durée de vie moyenne. Cependant, sa rejouabilité est énorme car chaque nouvelle partie est différente lorsqu’on fait des choix différents. Au début, on se dit qu’oublier d’analyser un élément n’aura pas d’impact mais on voit très vite qu’on se trompe. Tous les éléments sont importants même si ils n’ont pas tous le même impact sur l’intrigue. Un oubli peut empêcher d’utiliser un chemin de dialogue ou empêcher de résoudre une enquête, c’est donc important de faire attention ou de faire des oublis volontaires pour changer le déroulement de notre partie. Vous l’aurez compris, Detroit : Become Human peut se refaire de plusieurs manières afin que chaque nouvelle partie soit une expérience différente. Quantic Dream a réussi à donner une durée de vie très importante à son jeu en proposant une intrigue aux chemins multiples et aux fins multiples. C’est un travail compliqué à faire car le tout doit rester cohérent mais le studio y arrive haut la main.

En plus de tout cela, Detroit : Become Human comporte aussi de petits bonus. On les débloque en avançant dans le jeu et en faisant certains choix. On y retrouve des making-of, des trailers, des concepts art etc… C’est des éléments qui n’intéressent pas tout le monde mais ça reste du contenu très intéressant et que j’apprécie d’avoir à disposition, surtout que cela nous permet de voir que Kara semblait avoir une place plus importante dans la révolution.

Les choix influencent notre relation avec les gens, notamment Hank.

[TEST] Detroit : Become Human, l'apogée de Quantic Dream
Detroit : Become Human est une pépite vidéoludique. À travers un scénario prenant et bien construit, il aborde des thèmes très sérieux qui mettent le joueur en face de choix avec de vraies conséquences. On est pleinement immergé dans cette ambiance cyberpunk et on s'implique émotionnellement pour les personnages tant ils sont bien écrits. On fait donc bien attention à nos choix pour que nos personnages survivent et si on n'y arrive pas ou qu'on veut avoir une expérience différente, on peut refaire le jeu avec d'autres choix. C'est un jeu qui ne plaira pas à tout le monde car le scénario a autant de place que le gameplay. Cependant, il serait dommage de passer à côté car l'expérience saisissante.
Scénario10
Gameplay9.5
Ambiance10
Contenu9
Les plus :
  • Un scénario magnifique aux nombreuses fins.
  • Un gameplay qui s’intègre à l'intrigue et qui met le joueur au premier plan.
  • Une ambiance parfaite.
Les moins :
  • Le gameplay minimaliste ne conviendra pas à tous les joueurs.
  • Une durée de vie moyenne si on ne fait qu'une partie.
9.6Note Finale
Note des lecteurs: (1 Vote)
9.7

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