Detroit: Become Human est un chef d’oeuvre, une révolution à laquelle vous devez prendre part. C’est beau comme un film, viscéral comme un poème, aussi poignant qu’un bon roman, impliquant comme un jeu et enfin subversif comme le sont les œuvres qui marquent leur temps.

Avant toutes choses sachez que si vous aimez les bonnes histoires alors ne vous gâcher pas la découverte en lisant trop de critique, fermez cette page et ruez-vous sur Detroit: Become Human les yeux fermés.

Commençons par les bases. En 2038 les Androids de Cyberlife sont dans chaque foyer américain. En bons esclaves des temps modernes ils aident servilement les humains dans toutes leurs tâches, incapables de désobéir. Cependant cette avancée sociale cache son lot de controverses, le taux de chômage grimpe dangereusement, l’écart entre les riches et les pauvres se creuse et la quête de Thirium (l’un des composants de base des Androids) risque bien de déclencher une guerre entre la Russie et les États-Unis. Mais un autre risque, plus insidieux semble poindre à l’horizon. En effet de plus en plus d’Androids semblent s’éveiller, briser leurs chaines et prendre conscience d’eux-même…

Ceci n’est pas un film

Bien entendu le jeu est magnifique comme le sont tous les jeux Quantic Dream. Detroit: Become Human fera donc date comme le nouveau fer de lance de la PlayStation 4, une vitrine technologique qui nous prouve que la console de Sony en a encore dans le ventre. Tout y est à tomber, les animations ,les textures, les effets optiques,  tout. Votre œil se réjoui à chaque instant d’autant plus que toutes les images affichées, y compris pendant les cinématiques, sont calculées en temps réel par la machine. Autant dire que le gap entre Detroit: Become Human et les autres jeux est assez énorme au point même qu’après la toute première cinématique il faut un petit instant pour réaliser que c’est à nous de jouer. 

Les acteurs sont bons, certains meilleurs que d’autres évidement mais aucune prestation n’est vraiment dérangeante. Évidemment je ne saurais que trop vous conseiller de jouer en VOSTFR pour profiter de la qualité des voix enregistrées pendant la performance capture. Les voix françaises ne sont pas mauvaises pour autant mais une oeuvre s’apprécie toujours mieux dans sa langue d’origine. Au passage, mention spéciale à l’interprète de Connor, Bryan Dechart qui nous livre une performance extrêmement juste de bout en bout et forme un duo mythique avec Clancy Brown (Hank). Juste pour revoir ces deux là ensemble je veux une suite !

Mais rassurez-vous, Detroit: Become Human n’est pas un film interactif (un oxymore qui me fait saigner les oreilles dès que je l’entend) car la place du joueur a été revue à la hausse depuis les dernières productions Quantic Dream. Vous aurez beaucoup de chose à faire et de nouvelles features à utiliser telles que les Reconstructs de Connor et plus généralement le Mind Palace que partage tous les personnages. Ainsi l’équipe semble avoir mis un point d’honneur à ce que le jeu ne puisse pas “se jouer tout seul”, un reproche souvent fait à Beyond: Two Souls. Ici, chaque action ou inaction de votre part à été prévue et donne lieu à des répercussions.

Hank et Connor, un excellent duo

Trois personnages, une infinité de récits possible

Lorsque les premiers extraits de gameplay montrant les flowcharts ont étés diffusés je me souviens avoir lu quelques commentaires disant en substance que les joueurs attendaient une histoire et non un cours de statistique. Or lorsque l’on voit les arborescences du troisième acte du jeu l’on comprend l’intérêt voire l’obligation d’intégrer des flowcharts. En effet les destins possibles sont tellement nombreux qu’il serait impossible de s’y retrouver sans cette illustration par branche. La plupart de vos actes ont une conséquence forte sur le long terme et l’impression de créer l’histoire autour de nos action est supérieur a tout ce que vous avez pu vivre par le passé. Rendez vous compte que lorsque vous terminez l’histoire, vous n’avez pas vu plus la moitié du jeu! ça parait incroyable mais si vous arrivé en fin de partie et que votre récit ne vous a pas convaincu, recommencer, changer quelques choix et vous aurez accès à de nouvelles scènes! Je crois bien qu’on a jamais vu ça…

Bien entendu toutes les cènes ne se valent pas et certaines sont légèrement en dessous du niveau général mais l’on peut dire sans sourciller que l’Acte 3 est dantesque car c’est alors que s’exprime la complexité de l’arborescence et des répercussions de vos actes.

Évidement tous les personnages peuvent mourir (et même plus d’une fois) et ce sera un vrai défis d’amener tout ce beau monde jusqu’à la fin sans mourir…

Certains choix sont plus dure que d’autres…

 

Trois intentions de réalisation, trois compositeurs

Ouvrons le bal avec Connor, peut être notre personnage préféré (mais c’est totalement subjectif) qui profite d’une camera très posée, très académique avec beaucoup de machinerie dans le style de e que fait David Fincher. Des plans froids, cliniques offrent donc une vision très documentaire de l’espace ce qui transmet parfaitement la vision d’un Android sain. Ce sentiment est brillamment appuyé par le thème composé par Nima Fakhrara, compositeur californien habitué à utiliser toutes sortes d’instruments non conventionnels voire même d’en créer lui même. Le résultat est incroyable et ce thème donne des décharges d’adrénaline comme j’en ai rarement ressenti.

Du côté de Kara l’objectif était de faire ressentir l’urgence et la faiblesse de cet android en fuite. Pour cela l’équipe a optée pour le recours à une caméra portée très chahutée couplée aux violons de Philip Sheppard. L’association des deux donne des scènes qui prennent aux tripes. Le thème de Kara reste en tête même en dehors du jeu et vous vous surprendrez certainement à le fredonner bien des jours après avoir jouer au jeu.

Enfin le thème et la réalisation associés à Markus reflètent sa destinée. Les cadres sont donc régis par des mouvements façon steadycam, fluides et sans heurts illustrant la volonté profonde et inarrêtable de Markus. Pour le thème c’est John Paesano qui a travaillé à l’élaboration d’un thème épique façon film d’action hollywoodien.

La relation entre Carl et Markus est très intéressante

Un jeu qui a des choses à dire 

Detroit: Become Human est un jeu qui pose des questions. Énormément de question sur des sujets divers et ça fait du bien de voir un studio utilisé son medium pour questionner son public. D’ailleurs le jeu vous posera parfois des questions de manière très frontale via l’intermédiaire de Chloé, l’Android qui vous accueil lorsque vous lancez le jeu. En effet la jeune femme vous demandera de répondre à des sondages à plusieurs reprises et vous verrez que vos réponses changeront en fonction des événements que vous aurez vécu dans le jeu.

Detroit: Become Human est un jeu intelligent et adulte mais qui n’en reste pas moins agréable à jouer à l’image d’un film de Christopher Nolan qui vous interroge sans arrêter de vous divertir.

[TEST] Detroit: Become Human, une révolution
A n'en pas douter Detroit: Become Human est un titre qui fera date. Merci à Quantic Dream pour son entêtement à vouloir faire avancer le jeu vidéo. Alors comme le dirait Connor "Mission Successful".
Histoire, narration et conséquences100%
Art & Music100%
Durée de vie 100%
100%Note Finale
Note des lecteurs: (9 Votes)
60%

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