La sortie de Dissidia Final Fantasy NT (dont nous avions testé la bêta ouverte ici), sur PS4 le 30 janvier dernier, s’accompagnait de celle, plus discrète, d’un jeu mobile : Dissidia Final Fantasy Opera Omnia, un free to play mettant en scène de nombreux personnages de la license. Alors? Gadget commercial ou bonne surprise?

The 25 Heroes of Light

Une série d’images fixes lors du téléchargement vous donneront quelques éléments de contexte

Depuis des temps immémoriaux, lumière et ténèbres, sous les formes de Cosmos et Chaos , puis de Materia et Spiritus s’affrontent par le biais de leurs champions respectifs. Ces derniers sont épuisés par un cycle de combats sans fin et le cristal exauce leur voeu de trouver le repos en créant un havre de paix, calqué sur leur différents mondes d’origine.

Hélas, des failles spatio-temporelles, les “Torsions” commencent à apparaitre un peu partout et à déverser des monstres menaçant de tout détruire. Pire encore : si ces failles venaient à atteindre les autres mondes, c’est tout le multivers qui serait en péril!

Heureusement, Mog, le gardien, s’éveille de son sommeil séculaire et commence à rassembler des héros venus de tous les mondes : les porteurs de lumière dont le pouvoir peut sceller les Torsions et rétablir l’équilibre.

Nous sommes donc en présence d’une fable se déroulant en parallèle de l’histoire de Dissidia NT, comme l’atteste la présence de Materia et Spiritus, mais sans interférer avec celle-ci, grace à la très pratique pirouette des mondes parallèles avec une pointe d’amnésie.

Comme dans les précedents opus, il ne va pas falloir trop attendre du scénario qui est surtout un prétexte à faire coexister les différents personnages de la série. On est dans du fan service pur et dur, mais on sera prêt à accepter une histoire tirée par les cheveux si elle nous permet de créer la team de nos rêves.

Il va donc surtout s’agir d’enchaîner les combats, obligatoires ou non, entrecoupés de scènes cinématiques dans lesquelles les personnages issus des différents épisodes interagissent. Cela donne parfois des combinaisons amusantes, comme lorsque Yuffie veut être aussi cool que Shadow, ou quand Cloud dit à Sahz qu’il lui fait penser à un ami, en l’occurrence le Cid de FFVII.

Avez-vous deviné à qui Terra fait allusion?

Les méchants ne seront pas en reste. S’ils ne sont pas jouables (pour l’instant?), certains font une apparition et tiennent même lieu de boss de fin de chapître. Si leurs motivations ne sont pas très claires, on comprend quand même que Kuja, Kefka ou encore Seymour travaillent pour Spiritus, l’incarnation du mal dans la cosmogonie Dissidia.

Kefka a toujours le sens de la formule!

Le jeu tiré d’un jeu tiré d’un jeu…

Si les précédents volets de Dissidia délaissaient le combat au tour par tour pour un gameplay de jeu de baston avec des éléments RPG, cet épisode signe un retour aux sources.

On affrontera donc les monstres et autres homoncules avec un système de file d’attente qui évoque les joutes de FFX.

Mais Opera Omnia reprend toutefois certaines mécaniques de ses prédécesseurs, notamment le système bravoure/HP. Il faudra gérer efficacement ces deux ressources pour venir à bout de ses adversaires : les attaques de HP consomment toute la bravoure et prendre des dégâts quand la bravoure est au plus bas vous expose au risque de tomber en “syncope”, ce qui confère un gros bonus à l’adversaire. Heureusement, la réciproque est vraie et infliger une syncope à un monstre sera bénéfique à l’ensemble de votre groupe!

Cloud inflige une syncope au monstre, ce qui confère un bonus de bravoure à toute son équipe.

Il sera parfois possible d’envoyer votre cible valdinguer dans les airs, ce qui donnera à vos alliés une ouverture pour réaliser un combo. A vous de choisir vos attaques avant la fin du temps imparti pour pouvoir grappiller quelques tours gratuits! En outre, cette action donne lieu à un visuel sympathique qui rappelle les combats aériens des épisodes PSP, avec la possibilité de projeter votre adversaire contre les limites de la zone de combat (et leur effet “mur-pas-tout-à-fait-invisible”).

C’est le moment de déchaîner ses attaque sur ce gobelin!

En outre, les personnages disposeront de diverses attaques spéciales (une de base et les autres à débloquer), dont certaines, commes celles de Cloud ou de Vaan, infligent des dégâts de bravoure et de HP! D’autres pourront soigner ou buffer les alliés, etc…

On pourra également faire appel à des invocations qui, outre des effets offensifs ou défensifs, octroieront de précieux tours supplémentaires : un grand avantage stratégique face aux ennemis les plus coriaces.

Si le système est assez simple (chaque personnage a 3 options : attaque bravoure, attaque HP et attaque spéciale ; pas de garde ni d’item, ni de possibilité de passer son tour), certains affrontements vous demanderont une bonne compréhension des différentes mécaniques, à plus forte raison si vous souhaitez vous attaquer aux objectifs optionnels. Finir le combat sans subir de syncope, par exemple, peut être une tache bien ardue.

Les boss demanderont parfois un bon timing, comme ce prototype qui charge une attaque dévastatrice. A vous de gérer vos attaque pour la contrer…

Mission accomplie!

Entre les combats, vous explorez divers environnement sur des plateaux dans le style de ceux du mode histoire des épisodes PSP. Libre à vous de tracer tout droit ou de vous frotter aux nombreux combats optionnels. Ceux-ci ouvriront parfois de nouvelles routes menant à quelque trésor.

Vos pas vous mèneront face à d’autres personnages que vous pourrez recruter, souvent au terme d’un ou deux combats et quelques cinématiques. Au total, vous pourrez controller 25 guerriers de tous les opus confondus (sauf FFXI pour le moment), dont certains assez inattendus : ce sont, par exemple, Sahz et Hope qui représentent FFXIII, Light reste absente ; on pourra aussi jouer  Laguna de FFVIII ou Yuna de FFX, mais ni Squall, ni Tidus…

Bien sur, vous n’allez pas tous les monter au niveau 100, mais vous ne pourrez pas non plus complètement les délaisser : le jeu vous obligera à utiliser certains personnages pour accomplir des objectifs optionnels lors des combats, ou carrément pour ouvrir une porte qui bloque votre chemin. Il faudra donc parfois faire un peu de levelling en refaisant à volonté les combats.

Ce faisant, outre le gain de stats, vous débloquerez parfois des compétences passives que vous pouvez activer à votre guise dans la limite du nombre de points dont dispose le personnage. Ces compétences auront la plupart du temps pour effet de renforcer une statistique ou une action (en ajoutant une utilisation à un de vos sorts, ou en augmentant les dégâts d’une attaque spéciale, etc…)

Terra dispose de 26 points de DEF supplémentaires, à condition d’allouer les 2 points nécessaires à cette compétence.

Outre le gain d’expérience, vous pourrez faire progresser vos héros à l’aide de leur niveau de cristal : en donnant des cristaux à vos personnages, vous pouvez acheter des bonus de stats suplémentaires, ainsi que de nouvelles attaques et compétences passives. Ces cristaux se trouvent un peu partout, mais surtout dans les défis quotidiens qui vous permettent de gagner chaque jour une ressource différente.

Enfin, le dernier axe de développement de vos forces est l’équipement : vous pouvez en trouver un peu partout et le combiner pour en monter les niveaux. Ou bien sur, vous pouvez tenter votre chance au tirage au sort, en utilisant des gemmes glanées au cours de vos pérégrinations ou… achetées contre des euros sonnants et trébuchants.

Car oui, Dissidia Opera Omnia est un free to play et, à l’instar de FF Record Keeper ou FF Brave Exvius, son modèle économique s’appuie sur un système de Gacha : si les personnages sont débloqués via l’histoire, leurs armes et armures seront obtenues dans des sets aléatoires.

“A l’attention des utilisateurs : veuillez noter que si ce jeu est gratuit, certains objets ne le sont pas. Les mineurs doivent avoir la permission de leur parent ou tuteur avant d’effectuer un achat.”

3 armes 5 étoiles dans un tirage, c’est plutôt une bonne main.

DOO est toutefois moins gourmand que ses modèles. En effet, dans ceux-ci, la progression du joueur est limitée par un système d’endurance qui l’oblige, soit à attendre pour pouvoir jouer, soit à payer.

Si ce système existe ici, il ne s’applique qu’aux évènements et on peut profiter de la quête principale sans restriction.

Parmi ces événements, il existe un mode multi-joueur, qui lui aussi se démarque des productions plus anciennes : dans FFRK on pouvait invoquer un personnage d’un autre joueur pour s’aider en combat, dans FFBE, on pouvait affronter son équipe contrôlée par l’ordi dans une arène ; DOO nous propose un véritable mode coopératif dans lequel vous affronterez des monstres puissants avec un ou deux équipier(s) en temps réel et avec la possibilité de communiquer via un chat sous forme d’icônes.

Malheureusement, ce mode prometteur semble encore un peu bancal techniquement, et il arrive souvent qu’on soit déconnecté. Lorsque cela vous arrive, vous pourrez toutefois reprendre le combat : vous dirigerez alors les personnages de vos compagnons.

Dissidia dans votre poche

Côté réalisation, c’est pas mal, pour un jeu mobile! La modélisation des personnages, dans un style chibi n’est pas sans rappeler les FF sur DS. Ils évoluent dans des décors mêlant habillement 3D et 2D, pour un rendu qui fonctionne plutôt bien. L’animation dans les combats est bien faite, ça bouge bien, ça va vite. Les cinématiques, en revanche… La démarche des personnages est assez ridicule, leurs animations sont très rigides… Mais l’ensemble reste plaisant à regarder.

C’est mignon et coloré.

Au niveau des musiques, on a droit à quelques remix des grands thèmes de la série, y compris celui de Dissidia, mais la plupart du temps, ce sont des musiques originales un peu molles et répétitives. C’est assez dispensable.

L’interface, elle, est assez ergonomique, bien que le grand nombre d’options et de choses à faire (symptomatique de ce genre de jeux) rende la navigation parfois un peu confuse. Le jeu jouit de l’expérience de ses aînés et inclut des option d’ergonomie assez appréciables. Par exemple : il est possible de verrouiller une pièce d’équipement pour la protéger d’une vente accidentelle. Cette mécanique n’est arrivée dans les autres jeux que via une MàJ, elle est ici disponible day1!

Enfin, le jeu est localisé en anglais (donc, oui : Djidane s’appelle bien Zidane…), avec quelques mots doublés en japonais par ci, par là (à la fin des combats ou en cinématique, quand un personnage prend la parole).

Test réalisé sous iOS
Par Matriper
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ID 172280192

Edit : Cet article ayant pris un peu de retard pour des raisons techniques, Squall est maintenant disponible, pour encore quelques jours, au terme d’une quête qui ne devrait pas poser de problèmes aux joueurs ayant pris de temps de leveller un peu. Il vient avec deux exemplaires de son armure 5 étoiles, dont le deuxième s’obtient au terme d’un combat un peu corsé.

[Test] Dissidia Final Fantasy Opera Omnia
Dissidia Opera Omnia remplit a merveille sa fonction de jeu fan service en permettant au joueur de composer une équipe avec ses personnages préférés de la série. S'ils sont au nombre de 25 pour le moment, d'autres suivront. (Il se murmure déjà sur internet que Squall est en chemin....). Là où il crée la surprise, c'est en proposant un gameplay qui, s'il peut paraître rébarbatif de prime abord, déploie toutes ses possibilités pour le joueur qui essaie de s'attaquer aux nombreux défis que le jeu a à offrir. Le contenu proposé est conséquent et on peut espérer de nombreuses MàJ renforçant la qualité de l'expérience. Enfin, le côté free to play est, pour le moment, bien maîtrisé : la difficulté est bien équilibrée, avec, notamment, la possibilité de rejouer les niveaux en mode hard, mais sans être pénalisante pour le joueur qui ne souhaite pas mettre la main au portefeuille ; en outre, la possibilité de profiter de la quête principale sans restrictions est vraiment appréciable. Espérons que les développeurs continuent dans cette voie et n'en fassent pas un pay to win.
Le scénario6
Les graphismes8
Le gameplay7
Le contenu9
Les musiques6
Les points positifs
  • 25 personnages jouables, et bien d'autres à venir
  • Un free to play bien équilibré : il est possible de s'amuser sans passer à la caisse.
  • Un contenu conséquent avec des défis inintéressants.
Les points négatifs
  • Le scénario n'est pas très original.
  • Les musiques sont un peu redondantes.
7.2Note Finale

2 Réponses

  1. Matriper
    Matriper

    Bonjour!
    Je vous poste des petites astuces que j’ai découvertes en jouant.
    Si vous avez d’autres techniques de ce genre, n’hésitez pas à les poster ici!

    Astuce n°1 : les combats ont souvent lieu en plusieurs phases. Si d’aventure vous souhaitez recommencer la phase en cours, par exemple si vous avez manqué un objectif optionnel, redémarrez l’application. Quand vous arrivez sur l’écran d’accueil, le jeu vous propose de reprendre le combat au début de la dernière phase jouée.

    Astuce n°2 : A partir du rang 30, vous aurez accès à la mission “Crystal Spring part.3” dans le World of Illusion. Avec 2 personnages de niveau 40+, vous devriez vous en sortir sans trop de problème. Vous pourrez donc prendre en “pick up” un troisième personnage de bas niveau. Le 3ème personnage gagnera de l’expérience même s’il meurt ou si vous le remplacez par un guerrier ami et il gagnera beaucoup de niveaux d’un coup (avec un Book of Training, vous passez de 1 à 19!), ce qui aura pour effet de vous faire monter d’un rang (voire 2). Monter d’un rang restaure votre endurance et vous pouvez donc répéter le processus avec un autre personnage. Outre le fait de vous permettre de monter rapidement vos personnages, cet exploit vous fait gagner 100 gemmes par rang supplémentaire +200 tous les 10 rangs +de nombreux cristaux!

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