[TEST] Dragon Ball FighterZ : un retour à la 2.5D réussi

Cela fait désormais bien longtemps que les jeux de combat Dragon Ball sur les consoles de salon se déroulent en 3D. Cette fois-ci avec Dragon Ball FighterZ, Bandai Namco a fait appel à Arc System Works, qui sont notamment derrière les Guilty Gear et les Blazblue. Ils ne sont pas à leur premier coup d’essai car ils avaient déjà travaillé sur la licence d’Akira Toriyama, avec notamment Dragon Ball Z : Extreme Butoden, sorti sur 3DS. Ce nouvel opus se déroule pour le coup en 2.5D, et c’est une véritable réussite.

Test réalisé sur une PS4 classique.

Un gameplay accessible

Tout d’abord, si vous n’êtes pas un(e) habitué(e) du genre, le terme 2.5D ne vous dit peut-être rien. Cela signifie que les combats se déroulent sur un plan 2D, mais dont les décors et les personnages sont en 3D. À ne pas confondre avec les Dragon Ball Z : Budokai de l’ère PS2, qui même si le gameplay peut sembler similaire aux premiers abords, n’est pas un jeu en 2.5D.

Cette nouvelle déclinaison de la célèbre série propose des combats à 3 contre 3 en alternance. Comprenez par là qu’il n’y aura qu’un seul personnage à la fois de votre équipe sur le terrain de jeu, mais avec la possibilité de changer régulièrement.

Rentrons dans le coeur du gameplay. Six boutons sont à votre disposition, le coup faible, moyen, fort,  l’attaque spéciale, et enfin les deux derniers boutons servent à changer de personnage.

Là où le jeu est accessible pour les débutants, c’est qu’il suffit d’appuyer sur les boutons d’attaque pour sortir des combos automatiquement, tout comme le permet le mode Stylish dans les derniers Guilty Gear. Il n’est néanmoins pas possible de les désactiver.

Une telle option peut sembler être une hérésie dans un jeu qui se veut être un versus fighting compétitif, et il est bien vrai que les autos combos peuvent être frustrants. Cependant, ces derniers ne font pas autant de dégâts qu’un véritable combo, et laissent en général une ouverture permettant de contrer. Ils deviennent donc inutile à plus haut niveau. Et c’est là que l’on s’aperçoit du savoir-faire d’Arc System Works, de réussir à proposer un gameplay où tout le monde pourra s’amuser, mais dont il est possible de creuser pour les joueurs souhaitant s’améliorer.

Dragon Ball FighterZ

Une jouabilité rapide, riche et nerveuse

Vous retrouverez par conséquent les notions d’un jeu de combat classique, comme l’overhead qui oblige le joueur à défendre en garde haute. Vous pouvez également percer la garde adverse en utilisant des choppes spéciales que certains personnages possèdent, ou alors utiliser un Dragon Rush mais qui peut être contré.

Une option utile pour continuer un combo ou engager un combat de manière risqué, est d’utiliser le Super Dash. Comme son nom l’indique, il vous permettra de foncer sur l’adversaire très rapidement. Cette mécanique à elle seule permet de rendre les combats encore plus nerveux que ce qu’ils étaient déjà, et elle est le bienvenue.

Toutefois, les assistances qui sont vos deux autres personnages, sont d’une importance cruciale. Si vous n’êtes pas entrain de vous faire enchaîner par votre adversaire, il vous est possible de les appeler. À vous à partir de là de choisir si vous souhaitez que votre soutien ne fasse qu’une attaque, ou si vous désirez changer de personnage pour laisser votre combattant actuel se reposer et récupérer un peu de vie (symbolisé par la barre bleue). Et si vous êtes entrain de lancer une attaque ultime, appeler votre soutien lui permettra également d’en lancer une, de niveau 1… à moins d’exécuter un demi cercle arrière avec votre manette… Car oui, les manipulations sont de mise dans ce Dragon Ball FighterZ.

Chaque personnage possède des coups spéciaux (ainsi qu’une déclinaison sous forme de coup EX consommant une barre), et plusieurs attaques ultimes, utilisant de une à cinq barres de Ki. Toutes ces attaques demande au joueur d’exécuter des quarts de cercles sur la manette, voir même des demi cercle dans le cas des assistances. Ce ne sont que des commandes basiques dans les jeux de combat, mais qui peuvent s’avérer compliqué si vous n’avez jamais ou peu touché à un jeu de ce genre.

Pour renverser la vapeur, vous avez à votre disposition le mode Sparking Blast, qui n’est utilisable qu’une seule fois par combat. Ce mode vous permettra de taper plus fort, de régénérer votre barre bleue de vie rapidement, et surtout, vous récupérerez bien plus vite après certaines attaques, ne laissant que peu d’ouvertures à votre adversaire. C’est véritablement l’arme de dernier recours, car si vous l’utilisez trop tôt, vous perdrez de son efficacité.

Et enfin, petite particularité de ce FighterZ, c’est la faculté de pouvoir invoquer Shenron en plein combat. Les conditions sont assez difficiles à réunir, mais si vous réussissez… vous obtiendrez un avantage conséquent sur votre adversaire.

Dragon Ball FighterZ

Il faut tout de même préciser certaines choses à propos de ce jeu. Comme je le disais précédemment, vous avez affaire ici à un versus fighting compétitif, et non à une simulation Dragon Ball comme peut le proposer la série des Xenoverse. Il n’est donc pas possible de se transformer en combat (sauf exceptions) car l’équilibrage pourrait en prendre un coup. Tout comme le “vol libre” ne peut pas être réalisé. Et bien sûr, le roster n’est composé que de 24 personnages (dont 3 à débloquer), mais chacun ayant ses spécificités.

Et si vous êtes vraiment un débutant du genre, énormément de possibilités du titre risquent de vous passer sous le nez. Dragon Ball FighterZ ne fait que vous guider légèrement notamment grâce à un mode défis dont j’expliquerais plus tard. Mais jamais vous ne passerez en revue tout ce que vous pouvez faire avec un personnage. À vous de trouver des combos efficaces, ainsi qu’un plan de jeu qui s’adapte à votre adversaire.

Mais il ne reste que si vous vous investissez un minimum, vous vous rendrez compte de la profondeur du gameplay… qui s’avère extrêmement jouissif et complet. Mais pour ça, il faudra passer par la case entraînement pendant des heures et des heures.

En bref, le gameplay proposé ici est un véritable travail de qualité de la part d’Arc System Works.

Dragon Ball FighterZ

Un combo “basique” de Kid Buu.

Un plaisir pour les yeux

Si vous cherchez un jeu sur cette célèbre licence imitant le style graphique de l’animé, vous êtes tombé au bon endroit.

Les personnages sont tous magnifiques, et leurs expressions faciales sont réussies. Et ce à n’importe quel moment du combat, et plus particulièrement lors des attaques ultimes. La fidélité est juste incroyable, tout en faisant souvent référence aux épisodes de la série. De quoi combler tous les fans.

L’animation des mouvements néanmoins pourrait vous sembler bizarre à première vue, donnant une impression qu’ils ne sont pas fluides. C’est tout à fait normal car Arc System Works a fait le choix de faire comme si c’était des images en 2D, comme l’était les jeux jadis. Et ça a son petit charme.

Les effets visuels ne sont pas en reste, et ça pète de partout. De premier abord cela peut sembler bordélique, mais au bout de quelques minutes vous vous y habituerez, et là, difficile d’en rester sans voix.

De plus, le jeu n’hésite pas à fourmiller de détails en incluant des dégâts visuels sur les personnages sous forme d’égratignures, ainsi que des dégâts sur le décor. Par exemple, le renvoi de Kikoha est capable de détruire des objets en arrière plan. Et les attaques ultimes auront tendance à dégrader voir même à atomiser toute l’arène.

Par ailleurs, commencer un combat ou terminer un adversaire sous certaines conditions peut faire rejouer une scène de l’animé. Ce sont les Dramatic Finish, et ces cinématiques sont d’une qualité exceptionnelle.

Oui, Dragon Ball FighterZ est l’un, si ce n’est le plus beau jeu de la série à ce jour.

Dragon Ball FighterZ

L’attaque des clones

Tout comme la plupart des jeux de la série, nous avons ici droit à un mode histoire. Néanmoins, ce dernier propose un scénario inédit, et non une reprise du manga.

Au tout début de votre aventure, vous vous rendez compte que des ondes ont touché toute la planète, rendant les combattants très faibles, au point de tomber dans les pommes pour certains. De plus, de nombreux clones des héros ainsi que de Freezer et Cell apparaissent un peu partout. Mais comment combattre ces nouveaux adversaires si les protagonistes principaux n’ont plus leur puissance ? Tout simplement grâce à une âme humaine (vous) qui fera “liaison” avec Son Goku. Votre but est donc de comprendre ce qu’il se passe… et de sauver vos alliés !

De prime abord, le speech peut sembler intéressant. Pour autant, la narration s’avère faiblarde et surtout très prévisible. Il devient donc difficile de s’accrocher à l’histoire. Par ailleurs, la progression dans ce même mode n’aide en rien à apprécier le scénario…

Vous vous retrouvez sur un plateau de jeu, où vous déplacez votre pion un peu là où vous le souhaitez, mais avec une limite de tours pour atteindre le boss de la carte. En chemin, vous rencontrerez moult adversaires qui permettront à votre équipe de progresser, de gagner des objets et de l’expérience… ainsi que des alliés.

Vous l’aurez compris, vous gagnerez des niveaux à force de combattre, et vos personnages deviendront plus puissants. Seulement, ces combats n’apportent rien à la narration, et comme l’IA est quasiment inexistante, vous n’aurez qu’une envie… Aller directement vers le boss de la carte.

Vous aurez droit cependant à quelques scènes faisant référence aux relations qu’ont les personnages, selon la composition de votre équipe. Et vous, l’âme humaine, vous pourrez réagir avec le personnage dont vous êtes lié tous les 10 niveaux en général avec une petite cinématique qui ne sert pas à grand chose.

Vous l’aurez compris, cette nouvelle histoire n’apporte vraiment rien malgré sa durée d’environ 8 heures, et il est difficile de ne pas s’ennuyer avant la fin.

Dragon Ball FighterZ

C-21, nouveau personnage de cet opus.

Un solo un peu faible

Encore une fois, le jeu se veut être un versus fighting compétitif. Par conséquent, si vous êtes un joueur qui préférez jouer tout seul, vous ferez très rapidement le tour de Dragon Ball FighterZ, qui vise clairement le online.

Vous ne retrouverez que le mode histoire, un mode arcade permettant d’enchaîner plusieurs combats contre l’IA et bien sûr la possibilité d’affronter un joueur ou l’ordinateur en local.

Outre ces trois classiques, vous avez la possibilité de parcourir un mode défis, qui propose 10 “challenges combos” par personnage. Ces derniers ne sont pas très compliqués, et ne font que rapidement passer en revue quelques possibilités. De fait, si vous êtes un joueur débutant, vous ne verrez pas tout le potentiel d’un personnage.

Et enfin, que serait un jeu de combat sans mode entraînement ? Celui-ci est très complet, et permet même de voir le temps d’étourdissement de l’adversaire. La seule chose que l’on pourrait regretter c’est la non présence de l’affichage de la frame data si vous êtes un joueur plus expérimenté, mais c’est tout.

Dragon Ball FighterZ

Le mode entraînement.

Un online tout à fait correct

Si vous préférez mettre des mandales à des adversaires en ligne, vous allez être servi. Les matchs en ligne marchent très bien, sans réel soucis de fluidité.

Vous retrouvez les classiques matchs amicaux et les matchs classés, pour montrer que vous êtes le plus fort.

Mais surtout, vous avez la possibilité de créer des mini arènes où les joueurs pourront vous rejoindre, pour jouer avec la personne de votre choix. Mais le caractère originale de la chose, ce sont les matchs à 6 joueurs. Dans ce type de combat, chacun contrôle un seul personnage, et il faudra toujours se tenir à l’affut si votre allié décide vous appeler en combat. Jouissif, tout simplement.

Mais tout n’est pas rose non plus à l’heure de ce test. Suite à l’afflux de joueurs, les serveurs ont encore un peu de mal, mais nul doute que d’ici quelques jours tout ira mieux. De plus, le tout marche sous un système de “hall” que vous devez rejoindre pour pouvoir jouer. Il suffit qu’il y ait des bugs pour que vous ayez du mal à rejoindre des matchs car il faudra vous reconnecter au lobby sélectionné. Un simple menu aurait été bien plus efficace et plus intuitif dans ce cas-là.

Dragon Ball FighterZ

Le hall.

La bande son

Depuis maintenant quelques années, les jeux Dragon Ball nous laissent le choix des voix anglaises ou japonaises, et FighterZ ne fait pas exception.

Par ailleurs, tout comme le dernier Naruto, lors des attaques ultimes, les voix auront tendance à avoir un petit écho réussi, et ça fait son effet.

Néanmoins, vous ne retrouverez pas les musiques de l’animé, mais les performances musicales du jeu sont excellentes et collent parfaitement à la nervosité des combats. Rien de bien dramatique !

Dragon Ball FighterZ

Un combo “basique” de Hit.

[TEST] Dragon Ball FighterZ : un retour à la 2.5D réussi
Pour tous les amoureux des jeux de combat, ainsi que ceux du manga d'Akira Toriyama, Dragon Ball FighterZ est le jeu tant attendu depuis de nombreuses années. Proposant des graphismes jamais vu pour la série, tout en ayant le soucis du détail, un fan aura bien du mal à contenir son excitation face à tant de fidélité. Par ailleurs, le jeu propose une jouabilité accessible aux débutants grâce aux auto combos, mais qui s'avèrent que très peu efficace si l'on souhaite creuser plus en profondeur le gameplay, qui propose une tonne de possibilités, rendant le tout très complet, et complexe. Néanmoins, les amoureux des "simulations Dragon Ball" tel que Xenoverse risquent de rester sur leur faim car le mode histoire peine à captiver de part son ennui mortel et sa narration très moyenne. Et surtout car le style de jeu proposé est dans la plus pure tradition des jeux de combat classique sur un plan 2D, excluant donc le vol libre et les transformations pour quasiment tout le roster. Mais pour tous les autres joueurs, ce Dragon Ball est incontestablement le meilleur depuis fort longtemps.
Le mode histoire5
Les graphismes9
Le gameplay9.5
Contenu solo5
Contenu online7
La bande son8
Points forts
  • C'est joli !
  • Un gameplay rapide, riche et nerveux
  • Le soucis du détail
Points faibles
  • L'histoire
  • L'auto combo impossible à désactiver
  • Peu de choses à faire en solo
8.5Bon
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