Cette semaine le lundi indé s’arrête sur Layers of Fear un jeu indé de très bonne facture qui ne se repose pas sur les jumpscare, et ça c’est bien.

Vous savez les jumpscares ce sont ces moments désagréables dans les jeux et films d’horreur sans idée où la musique s’arrête et où un truc infect se jette sur la caméra, en général accompagné d’un bruit fort et bref. Il n’y a rien de plus désagréable et artificiel que ce petit coup de fouet prévisible et énervant. Heureusement certaines œuvres se moquent moins du spectateur et proposent une ambiance travaillée qui effraie continuellement et non de manière sporadique et c’est le cas de Layers of fear.

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Au début du jeu tout va bien…

Le jeu vous plonge dans la psychée d’un artiste torturé par un passé trouble et inquiétant. L’on en dira pas plus concernant le scénario car aucune clé ne vous sera données. La narration passant par le décors vous devrez aller chercher vous même les réponses qu’il vous manque en lisant des textes ou en regardants des photos laissées ça et là. En suite il sera question de reformuler ces indices et de les organiser dans votre esprit pour recréer l’histoire. En cela il est intéressant de faire le jeu avec une personne à côté en guise de spectateur. Ainsi  les hypothèses vont bon train avec des “tu penses qu’il a fait …” “ou alors c’est en fait…”. L’exercice est très distrayant d’autant plus que le jeu n’est pas du tout ennuyant à regarder.

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…on apprécie même les environnements traversés…

Outre la narration très intéressante et qui a le mérite de vous plonger entièrement (psychologiquement) dans son univers, le jeu surprend par une esthétique fascinante et ultra-audacieuse. En définitive : nous sommes dans une psychés dérangée donc rien est impossible. Les pièces changent, la géographie des lieux varie à chaque mouvement de tête, on est perdu dans se monde étrange sans aucun moyen de se raccrocher à la réalité alors on sombre et on aime ça. Dans les faits vous traversez un couloir, entrez dans une pièce pour y récolter quelques éléments puis en repassant par la porte vous vous retrouver dans une nouvelle pièce… la perte de repère est rapide et inévitable. Le jeu adopte sa propre logique, celle du rêve et le joueur l’accepte.

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… et puis ça part en sucette…

Cette logique ne se retrouve pas que dans l’agencement des salles, en effet les décors semblent aussi sortis de l’imaginaire corrompus d’un artiste abandonné par sa raison. Les murs sobres côtoient ceux couverts de peinture, les rires, les ombres, des couleurs, tous travaillent de concert pour vous garder captif d’une illusion captivante à l’atmosphère aussi dérangeante qu’envoûtante, tant et si bien que le jeu est parfois proche de l’expérimental mais en étant toujours imbibé d’une inquiétante étrangeté, délicieuse et maîtrisée. Bien entendu le jeu fait peur, constamment. Une peur qui vient moins de ce qui ce passe à l’écran que de ce que le spectateur croit imaginer. Ainsi il se fait peur lui-même car il se conditionne, grâce à un environnement propice,  à craindre le pire. De cette manière le joueur est prisonnier non pas du jeu mais de son propre esprit, exactement comme le personnage qu’il incarne.

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… et on pleur.

Nous ne saurions que trop vous conseiller de vous ruez sur cette expérience fascinante très loin de ce que l’on a l’habitude de voir. Expérience c’est vraiment le mot qui définit le mieux ce jeu. L’on a aimé Outlast qui était vraiment étouffant mais là c’est un autre niveau, peut être moins oppressant mais tout aussi viscérale.

 

[TEST INDÉ] Layers of Fear, enfin un très bon jeu d'horreur.
9Note Finale
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