A la fin de l’année dernière, le nouveau titre des suédois de The Bearded Ladies déboulait sur les plate-formes de téléchargement. Préparez vos sacs à dos, nous partons traquer dans la zone !

En route pour Eden

Mutant Year Zero est l’adaptation d’un jeu de rôle papier, là aussi une production suédoise, dépeignant les aventures de mutants dans un univers post-apocalyptique.

Après que les humains ont rendu la planète invivable à coup de pollution et de bombes nucléaires, une pandémie connue sous le nom de peste rouge s’est répandue comme une traînée de poudre, les menant au bord de l’extinction.

Quelques uns ont toutefois réussi à survivre en se construisant un sanctuaire : l’Arche.

Les survivants de la peste rouge vivent dans une forteresse appelée l’Arche.

Des siècles plus tard, la population de l’Arche s’en sort tant bien que mal, mais sa survie dépend des matériaux venus de l’extérieur, il faut donc faire des sorties fréquentes dans « la Zone » : les terres désolées qui entourent la forteresse et que peuplent des êtres dégénérés surnommés les goules, autrefois des hommes, rendus fous par les radiations.

Heureusement, le peuple peut compter sur ses mutants, des êtres aux capacités exceptionnelles qui forment l’élite des « traqueurs », ceux dont le rôle est d’explorer la zone.

Le joueur prend le contrôle de Bormin et Dux, respectivement un cochon et un canard, alors que ceux-ci se voient confier une mission dont pourrait bien dépendre la survie de leur communauté : Hammon, le mécano en chef de la cité a disparu. Sans lui, c’est la fin de la civilisation. Eux seuls peuvent le retrouver.

Ils devront pour cela s’aventurer plus loin que jamais dans les terres perdues et affronter une étrange secte aux inquiétants pouvoirs psychiques, mais il pourront compter sur le soutien de nouveaux alliés, mutants eux-aussi, rencontrés en route, et, qui sait, peut être trouveront-ils le chemin d’Eden, ultime espoir de l’humanité…

L’Ancien, le bienveillant chef de l’Arche, vous met en garde contre la secte Nova.

L’univers de ce Mutant Year Zero est sombre, mais diablement efficace et non dénué d’humour, mêlant à merveille la thématique post-apo avec une esthétique très comics. Ainsi, si on peut penser immédiatement à des titres comme Howard the Duck, comic book de chez Marvel qui met en scène un palmipède amateur de cigares et de gros flingue ; on y trouvera aussi le mordant d’un Tank Girl, la BD post-apo de Jamie Hewlett.

Les personnages sont attachants et leurs interactions souvent drôles (la relation entre Bormin et Dux en particulier).

Le jeu renferme de nombreux clins d’œil, comme les descriptions délirantes des différentes trouvailles que vous ferez lors de vos explorations. Et vous, lecteurs, savez-vous à quoi sert ce petit compartiment sur l’avant de la « boite à bruit »?

Sans être une claque graphique, le jeu est agréable à regarder et les animations sont correctes.

Seule « ombre » au tableau : la nuit permanente. En effet, une des mécaniques de gameplay est la discrétion, matérialisée par le fait que la lampe des personnages soit éteinte, ces derniers se faufilant alors dans l’ombre. Il en résulte que tout le jeu est très sombre, ce qui donne un côté un peu redondant à une direction artistique pourtant réussie.

Plus on avance vers le nord, plus les paysages se couvriront de neige, une façon de rendre les environnements un peu plus lumineux.

Le design sonore est efficace, avec des effets réalistes, des voix souvent drôles et une bonne performance d’acteurs, et des musiques qui, sans être mémorables, prolongent bien l’implication du joueur par le caractère oppressant.

Dommage que des bugs se produisant régulièrement (par exemple quand on entre dans une nouvelle zone) fassent « sauter » la musique…

Dehors, c’est la zone !

La zone abrite de nombreux ennemis. A votre arbalète pour faire un peu de ménage!

Côté gameplay, nous sommes ici en présence d’un jeu de rôle tactique à la X-Com. Vos trois personnages (à choisir parmi 5 : les 3 par défaut et 2 pouvant être recrutés par la suite) affrontent des groupes de goules ou de sectaires en étant attentifs aux particularités du terrain.

Le cover system, notamment, est un élément prépondérant : pour espérer survivre, il faudra souvent se mettre à couvert derrière les obstacles présents sur la map, l’ennemi sait cependant lui aussi tirer partie de ce système, il faudra donc apprendre à le contourner…

Le relief aussi est important, une position haute donnant l’avantage.

Vos adversaires seront bien souvent en supériorité numérique et/ou plus expérimentés que vos personnages. Il est rare que la solution soit de foncer dans le tas.

Il sera plus judicieux de reconnaître le terrain discrètement pour choisir la meilleur stratégie.

Un ennemi est isolé ? Abattez le discrètement ! Un groupe de 5 ou 6 goules vous barre la voie ? Choisissez soigneusement qui attaquer en premier : le shaman, qui peut appeler du renfort ? Le pyro, qui peut faire des dégâts de zone ? Ou bien le robot infirmier, qui peut ramener ses alliés à la vie ?

Les combats se déroulent au tour par tour : le joueur fait agir ses personnages dans l’ordre qui liu convient, puis tous les ennemis jouent, et ainsi de suite.

Se déplacer, attaquer, recharger son arme, utiliser une attaque spéciale ou encore faire un tir de barrage (très utile, mais aussi très dangereux dans les mains de l’ennemi…) vous pouvez utiliser deux actions par tour, mais attention : certaines mettront fin au tour instantanément. Il est par exemple possible de recharger, puis tirer, mais pas de tirer puis recharger.

Il faudra toujours bien mesurer les conséquences de ses actes et sauvegarder très souvent, tant le moindre faux pas peut être fatal.

N’hésitez pas à tout explorer, quitte même à vous écarter du chemin. En effet, il y a un nombre fini d’ennemis dans le jeu et ils ne respawnent pas. Pas question donc d’emmagasiner de l’XP comme dans un jeu de rôle à la japonaise. Heureusement, les victoires vous récompensent souvent raisonnablement en diverses ressources.

Prenez le temps de sortir des sentiers battus. Une bataille optionnelle vous permettra par exemple de gagner une nouvelle arme silencieuse qui vous conférera un avantage tactique de taille!

Les ressources en question vous donneront accès à diverses améliorations qui vous permettront de renverser le cours des affrontements.

Cet aspect du jeu est très bien dosé : il existe différents types d’améliorations, que ce soient celles des armes sur lesquelles on peut fixer un viseur et un module de dégâts, ou dont on peut améliorer l’efficacité en dépensant des pièces d’armes ; les arbres de compétences des personnages, qui permettent d’acquérir des bonus de stats ou des attaques spéciales (mutations) réparties en deux catégories (majeures et mineures) ; l’équipement ou encore les divers avantages que vous pouvez troquer contre les reliques trouvées dans la zone.

Pourtant, si leur nombre est assez limité, chacun de ces avantage est crucial. Bref : on ne va pas se perdre dans un arbre de compétences tentaculaire dont la moitié est inutile, mais faire des choix vraiment décisifs.

La ferraille est la ressource de base du jeu, utile pour acheter des armes, armures, grenades et autres trousses de secours…

Not too shabby !

Si la stratégie, la reco, l’évolution des personnages, le moindre point d’XP sont si importants, c’est que le jeu est difficile, et ce, même dans le mode de difficulté le plus permissif.

Il en résulte une durée de vie très variable. En effet, avec peu de maps jouable (une vingtaine), il est possible de terminer l’aventure principale en un peu plus de 10h. Il n’est toutefois pas impossible de passer plusieurs dizaines d’heures sur le titre tant on peut bloquer sur certaines épreuves.

Cependant, cette difficulté est jouissive tant on se sent soulagé après avoir triomphé d’un groupe d’ennemis particulièrement retors !

Une difficulté bien présente, donc, mais bien dosée et, à condition de bien gérer ses précieux consommables (grenades et trousses de secours), il n’y a pas de situation perdue d’avance. N’oublions pas non plus le facteur chance propre aux jeux de rôle : un coup critique peut renverser le cours d’une bataille !

Pour les masochistes, il existe , en plus de modes difficile et extrême, une option “mutant d’acier” qui ajoute quelques joyeusetés comme la mort permanente. Chouette!

Test réalisé sur une PS4 classique

Version commerciale fournie par l’éditeur

Par Matriper

[TEST] Mutant Year Zero - Road to Eden : Une Boucherie!
%Mutant Year Zero est un titre avec une forte identité, de par son univers post-apo, punk et délirant et ses personnages hauts en couleurs et qui pourrait bien vous entraîner, quitte à passer des heures sur les même cinq satanés goules... à moins que sa difficulté ne vous rebute...
Le scénario/l'univers90%
Les graphismes/la direction artistique60%
Le gameplay80%
Le contenu60%
Les musiques/le design sonore60%
Les points positifs
  • Une direction artistique réussie...
  • Un véritable challenge...
Les points négatifs
  • ...malgré quelques défauts techniques.
  • ...qui peut effrayer certains joueurs.
70%Note Finale

Laisser un commentaire