Alors qu’un remaster est annoncé sur PS4, PS Vita et PC pour février prochain, avec de nouveaux graphismes en 2,5D, des musiques réorchestrées et un doublage pour les scènes clés, je vous propose de revenir ensemble sur un des hits de la Super Famicom/Super Nes : Seiken Densetsu 2, mieux connu chez nous sous le titre Secret of Mana.

 

De Final Fantasy à Secret of Mana

 

En effet, lorsque le jeu arrive en France en 1993, on ne fait pas tout de suite le lien avec Mystic Quest, sorti deux ans auparavant sur Game Boy, dont il est pourtant bel et bien la suite. Il faut dire qu’au fil des localisations, les titres ont été modifiés et il peut être difficile de s’y retrouver.

Titre original japonais Seiken Densetsu : Final Fantasy Gaiden (La Légende de l’Epée Sacrée : un épisode spécial de Final Fantasy) Seiken Denstetsu 2
Titre pour le marché américain Final Fantasy Adventure Secret of Mana
Titre pour le marché européen Mystic Quest
Test rétro : Secret of Mana sur Super Nes

Seiken Densetsu, alias Mystic Questn sur Game Boy

Test rétro : Secret of Mana sur Super Nes

Les jeux FF Legend appartiennent en fait à la série SaGa…

A l’origine, le premier opus est pensé comme un spin-off de Final Fantasy, plus orienté action, un peu à la manière d’un Zelda, mais conservant quand même des mécaniques RPG (points d’expérience, gestion de l’inventaire et des équippements…). Les graphimes sont tout droit tirés de Final Fantasy Legend (une autre série de spin-offs, mais je ne vais pas rentrer dans les détails, on ne va plus rien comprendre… je vous ferai plutôt un papier sur “l’enfer de la localisation”) et on rencontre, au fil de l’aventure, quelques easters eggs issus de FF, tels les moogles ou le chocobo. Les épisodes suivants conserveront un temps cette parenté, avant de s’en éloigner pour que la série se constitue son propre ADN.

 

L’Arbre et l’Epée

 

Secret of Mana reprend une partie de la mythologie de son aieul, notamment l’arbre Mana qui veille sur le monde et l’épée sacrée qui pourfend le mal ; au service d’une histoire originale. Elle nous narre les aventures de Randi, un jeune garçon en apparence tout a fait ordinaire, mais qui découvrira bien vite que son destin est lié à Mana, la force mystique qui maintient l’harmonie du monde et qui est menacée par des individus mal intentionnés.

Test rétro : Secret of Mana sur Super Nes

Randi découvre l’épée Mana

Dans sa quête pour rétablir l’équilibre, il pourra compter sur Purim, une jeune fille au caractère bien trempé qui recherche son fiancé, enlevé et manipulé par des forces obscures ; ainsi que sur Popoi, un petit elfe espiègle qui souffre d’amnésie et espère bien recouvrer la mémoire en voyageant avec ses nouveaux amis.

Test rétro : Secret of Mana sur Super Nes

De gauche à droite : Randi, Popoi et Purin

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Nos héros face à Neko (alias Chacha), dans le village des moogles (mimis en français)

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Vulk, le forgeron nain

Ils croiseront la route de toute une galerie de personnages hauts en couleurs, tels que Jean, une réminiscences des chevaliers Gemme du premier épisode, Lucie la pretresse de l’eau, Socrate le sage lunatique ou encore Vulk le forgeron nain, Chacha le chat usurier, et même le père Noël!

Les adversaires ne sont pas en reste, puisque, si au départ l’ombre de l’empire maléfique de Vandole plane sur le monde, on découvrira d’autres factions tout aussi dangereuses, telle la Géhenne (qui deviendra Mavolia dans les épisodes suivants) : le monde des ténnebres, et le Scorpion Rouge, un groupe de voleurs qui apporte un élément comique à l’histoire. Le dernier boss, quant à lui, vous reserve une surprise de taille!

Leurs voyages conduiront nos héros à travers des déserts brulants, des forêts enchantées, des plaines enneigées et des montagnes abruptes. Si ces environnements peuvent sembler clichés, ils sont traités de façon originale et souvent poétique, comme dans la forêt où les quatres saisons se déroulent en même temps, sur l’île où tout est d’or, ou à bord du bac qui sillonne une mer d’étoiles.

Et c’est justement toute la force de Secret of Mana : partir d’éléments simples et bien connus des joueurs de RPG, pour y ajoutter sa “patte”, cette couleur particulière tantôt drôle, tantôt mélancollique, qui vous captivera jusqu’à l’affrontement final.

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Le désert de Kakkara

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Un guest prestigieux dans le palais de glace!

 

Plongez dans le monde de Mana

 

Si cette magie distillée par la narration, les personnages et les environnements fonctionne si bien, c’est aussi parce qu’elle est servie par une technique irréprochable.

Les graphismes sont, pour l’époque, simplement somptueux. En 1993, la Super Famicom a déjà bien démontré son savoir faire et Square est à la pointe de ce qu’il est possible de faire sur ce support. Le jeu affiche des graphismes 2D riches, colorés, au service d’une animation soignée, fluide et détaillée. Peu de jeux peuvent rivaliser à l’époque de sa sortie, et, dans les quelques années de vie qui restent à la console, peu sauront le dépasser. Parmi ceux-là, il y aura bien sûr Seiken Densetsu 3, lequel, hélas, ne franchira jamais les frontières du Japon.

L’utilisation du mode 7 pour la mappemonde permet de rendre l’univers cohérent : il est possible de faire le tour du monde!

Côté son : les compositions musicales de Kikuta Hiroki font mouche! Malgré les limitations techniques de la machine (des pistes sonores à 8 voix maximum), il parvient à rentranscrire en musique la poésie et l’émotion qui se dégagent du jeu.

 

Aux armes!

 

Un univers magnifique, tant par sa direction artistique que par sa réalisation technique, mais qu’en est-il du gameplay?

Le pari de Secret of Mana : emprunter des éléments de jeux d’action-aventure, comme Zelda et y injecter une part de l’ADN RPG de Final Fantasy.

Là encore, une approche en apparence simple va permettre aux développeurs de proposer des idées innovantes et efficaces.

L’interface est épurée et les différents menus s’affichent sous la forme d’anneaux autour du personnage concerné, ce qui permet de ne pas trop nuire à la dynamique des combats : nos héros attaquent d’une simple pression, esquivent automatiquement et lancent des sorts ou utilisent des objets en navigant quelques instant dans les anneaux ; tout est fluide, intuitif.

Cette apparente simplicité se retrouve dans de nombreux éléments du gameplay. Prenons l’exemple des armes : elles sont au nombre de 8, ni plus, ni moins. On ne peut pas les manquer : la découverte de l’épée déclenche le début de l’histoire, Purim et Popoi rejoignent l’aventure avec leur arsenal personnel et les autres armes sont offerte par des PNJ à des moments clés du scénario.

Chaque personnage peut manier n’importe laquelle de ces 8 armes, ce qui permet tout d’abord d’apporter de la variété dans les affrontements : le gant sera plus rapide, mais fait moins de dégat que l’épée et oblige à être au corps à corps ; il est parfois plus prudent de prendre de la distance grace à l’arc ou l’épieu.

Test rétro : Secret of Mana sur Super Nes

La roue des armes

En outre, les armes ont la possibilité d’évoluer : pour celà, le joueur doit trouver la sphère d’arme correspondante et la confier à Vulk le forgeron, qui, contre quelques “Points d’or” (P.O.) sonnants et trébuchants, renforcera vos épées, haches et autres lances. Chacun de nos héros progresse dans sa discipline à mesure qu’il combat : si, par exemple, Popoi brandit le boomerang contre moultes viles créatures, il acquerera   bien vite le niveau 2, lui permettant de déclencher une nouvelle attaque en maintenant la touche appuyée quelques instants. Si on forge le boomerang, il lui sera alors possible d’atteindre le niveau 3, et ainsi de suite.

Il sera, au final, possible de remplir 8 niveaux de maitrise pour chaque arme et pour chaque personnage!

Test rétro : Secret of Mana sur Super Nes

Les armes dans le guide officiel

Enfin, les armes peuvent aussi s’avérer indispensable pour progresser sur certains terrains : un rocher vous barre la route? Un coup de hache règlera le problème! Un gouffre parrait infranchissable? On pourra sauter par dessus à l’aide du fouet.

Le système de magies s’appuie quant à lui sur 8 éléments : les traditionnels feu, eau, vent, terre, lumière et tennebres, auxquels s’ajoute la petite touche de Secret of Mana : la lune et l’arbre.

Ces éléments sont personnifiés par des esprits, qui sont autant de personnages tous aussi sympathiques les uns que les autres. Ils prêteront leurs pouvoirs à Popoi (à l’exception de Lumina, esprit de lumière) et Purim (à l’exception d’Ombre, esprit des tennèbres). L’elfe se spécialisera dans la magie offensive et sera un atout majeur dans les combats de boss, alors que la jeune fille deviendra une guerrisseuse hors pair. Randi, lui, ne peut pas utiliser la magie et ne devra compter que sur son épée, laquelle pourra toutefois être enchantée par les magies élémentaires de ses compagnons!

Au total, se sont 40 magies plus ou moins utiles que nos héros pourront lancer (20 pour chaque magicien), plus un sort ultime qui ne fonctionne que lors de l’affrontement final, à condition d’être lancé simultanément par les deux personnages.

Là aussi, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, et l’efficacité des sorts sera renforcée à mesure qu’ils gagneront en niveau (jusqu’à 8 également) à force d’utilisations.

Test rétro : Secret of Mana sur Super Nes

Les 8 esprits de Mana

Toutefois, trop “grinder” peut nuire à l’expérience de jeu : tous les boss ont une faiblesse élémentaire et les combats peuvent devenir vraiment très simples si on utilise des magies au niveau maximum.

La difficulté est d’ailleurs probablement le point qu’on peut reprocher à Secret of Mana : si quelques passages peuvent être un peu frustrants au début du jeu, comme le combat pour délivrer Purim des loup-garous ou celui contre le boss Tigror, la difficulté retombe bien vite et il devient facile de cheminer à travers l’histoire, trop facile si on passe du temps à monter les niveaux de ses personnages, de ses armes et de ses magies.

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Tigror

25 ans plus tard…

Qu’attendre de ce remaster? Et que devons nous redouter?

Les graphismes : le passage à la 2,5D a de quoi faire peur aux joueurs de l’époque, toutefois, il semble que celà n’affecte pas l’expérience de jeu, puisque le contrôle se fait toujours en vue de dessus et les maps d’origine ont été reproduites avec une grande fidélité (comme l’atteste la présence d’une mini map dans le coin de l’écran qui reprend à l’identique les graphismes SNES) c’est dans les scènes cinématiques que cela pourrait être une pluvalue, permettant à la caméra plus de liberté pour plus de dynamisme.

Toutefois, la 3D semble d’une qualité assez décevante tout particulièrement en ce qui concerne les animations faciales, ce qui rend le doublage un peu bizare…

Le doublage. Voilà qui risque fort de faire débat aussi. Nul doute qu’il ne plaira pas à tout le monde. On pourra néanmoin aprécier l’effort et attendre de pouvoir entendre le résultat.

La musique, en revanche, devrait mettre tout le monde d’accord! Pouvoir entendre les magnifiques composition de Kikuta en version réorchestrées, voilà qui promet!

Enfin, on peut se prendre à espérer du contenu supplémentaire. En effet, à l’époque, le jeu était initialement prévu pour la Base Satellaview, un périphérique de la Super Famicom qui n’a jamais été commercialisé hors du Japon, mais est finalement sorti sur une cartouche classique. Certains éléments ont semble-t-il été supprimés au cours de la transition entre les deux supports.

Exemple célèbre : l’armet, une pièce d’équippement absente du jeu, mais mentionnée dans le guide officiel (“lieu secret!”), ce qui a poussé de nombreux joueurs à le chercher partout!

On peut aussi citer quelques éléments retrouvés par des fans en bidouillant le code du jeu, comme des sprites inutilisés ou une possible façon alternative de recruter Purim.

Test rétro : Secret of Mana sur Super Nes

25 ans après, cet étrange visage n’a toujours pas révélé son secret…

[TEST] Secret of Mana sur Super NES !
Le scénario8
Les Graphismes9
Le Gameplay9
Le contenu8
La bande son10
Points Forts
  • Une recette simple mais efficace...
  • Un classique indémodable : des graphismes exploitant très bien les capacités de la SNES, de l'action bien rythmée, une musique magnifique.
Points Faibles
  • ...qui se traduit parfois par une tendance à tomber dans les poncifs du genre.
  • La difficulté pas toujours bien dosée
8.8Note Finale
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4 Réponses

  1. Redjoker
    Redjoker

    Bienvenue sur le site pour ton premier test !
    Je suis d’accord avec Totaya, c’est cool de voir des tests d’anciens jeux. En plus, t’as pondu un test ultra complet, bien écrit, c’est nickel pour le tout premier !

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