Super Smash Bros Ultimate, l’un des titres les plus attendus de cette fin d’année, est enfin disponible et enregistre même déjà des ventes record. L’avez-vous trouvé au pied de votre sapin ?

Le cross-over ultime

Super Smash Bros apparaît pour la première fois sur Nintendo 64, en 1999. Le casting compte alors 8 personnages, plus 4 cachés, tous issus de licences Nintendo.

4 épisodes, un sur chaque génération de consoles, lui emboîteront le pas, la liste des combattants s’allongeant démesurément au fil des sorties.

Ainsi, si Smash Bros Melee sur Gamecube déroule le tapis rouge à d’autres jeux de chez Big N, comme Fire Emblem, en plus des Mario, Zelda et autres Metroid ; Brawl, sur Wii, et les épisodes suivants accueillent des personnages d’éditeurs tiers, avec la règle implicite que ceux-ci aient fait leurs débuts sur une console Nintendo (comme c’est le cas par exemple pour Snake de Metal Gear, Megaman ou les personnages de Castlevania, tous ayant débuté sur NES), avec l’exception des personnages de chez Sega (Sonic et Bayonetta, respectivement issus du catalogue de la Master System et de la PS3).

Le version qui nous arrive aujourd’hui compte 74 personnages ! 2 Dlc sont déjà annoncés : Joker de Persona, disponible dans le season pass, et Piranha Plant, qui sera offert aux joueurs ayant enregistré leur jeu avant fin janvier 2019.

Avec un roster aussi impressionnant se pose bien entendu la question de la cohérence.

Après quelques heures de jeu, le tableau de sélection des personnages ressemble à ça…

Undying light

Les jeux de combat brillent rarement par la richesse de leur scénario. C’est d’autant plus vrai quand il s’agit de crossovers, tant il est difficile de faire coexister tout ce petit monde.

Ce Smash n’échappe pas à la règle et son intrigue est assez basique : une entité mystérieuse nommée Kilaire menace l’univers : il parvient à vaincre tous les personnages des Smash Bros précédents et change tous les autres habitants de leur monde en esprits dépourvus de corps. Seul Kirby parvient in extremis à lui échapper. Notre vaillante petite boule rose va sauver et rassembler ses compagnons d’armes pour se dresser en travers de sa route.

Viridi (Kid Icarus Uprising), comme plus de 1200 personnages, à été changée en esprit.

Le mode aventure réserve toutefois quelques surprises au joueur (dont une à la fin qui ravira les fans de la première heure) et n’est au final pas si manichéen qu’il semble au premier abord.

Mais la vrai force de ce titre, c’est sa mise en scène.

Chaque affrontement du mode aventure vous met aux prises avec un esprit, ce dernier étant représenté par un des personnages jouables.

Ce qui rend ces combats originaux, c’est la façon dont les personnages endossent leur rôle : bien sûr, le combattant choisi ressemble un minimum à l’esprit représenté, avec un skin qui accentuera encore la ressemblance ; mais le mimétisme est aussi à chercher dans le gameplay même.

Aussi l’adversaire pourra-t-il être équipé de certains objets, ou encore être géant, ou minuscule, ou bien invisible. Il peut aussi adopter un certain comportement, comme privilégier telle ou telle attaque ou passer la bataille à fuir…

Les règles même changent d’un ennemi à un autre : smash éjection ou endurance, sol en feu, vent violent, absence de gravité, etc… ce qui varie l’expérience de jeu et donne au joueur l’impression de se confronter à des centaines d’adversaires différents.

Un Dracaufeu rouge de taille XXL et vous voilà face à Valoo de Zelda Wind Waker!

C’est souvent très efficace et c’est un plaisir de découvrir les astuces employées par les développeurs pour émuler un personnage qu’on connaît. Ce n’est toutefois pas parfait et certains persos peuvent paraître un peu ratés, voire même douteux, et certaines règles du jeu se montrer très frustrantes. Il n’empêche que l’ensemble fonctionne très bien et il est très malin d’utiliser le gameplay comme un élément narratif.

L’esprit de la polémique : racisme avéré ou simple maladresse?

Le mode classique jouit aussi de cette idée de mettre les mécaniques de jeu au centre de la narration.

La encore, c’est un peu léger niveau scénario : chaque personnage entreprend un voyage au cours duquel il rencontrera un certain nombre d’antagonistes, avant d’affronter un gros boss.

Cela n’empêche que chacun a ses propres motivations, qui pourront avoir des répercussions sur le déroulement des joutes.

Par exemple, Samus Sombre répand sa corruption à travers le monde. Elle affrontera des personnages issus des différentes licences, mais sera en plus accompagnée d’un autre qu’elle a rendu maléfique. Chaque étape de son parcours vous permettra donc de jouer avec un allié différent.

En outre, si le boss final de base est la célèbre Créa-Main, le méchant emblématique de la série, certains auront droit à un traitement de faveur en s’opposant à l’un des 6 boss du mode aventure.

Simon face à son ennemi de toujours!

Smash en masse !

La cohérence se retrouve aussi au niveau du gameplay, avec un casting bien équilibré et une prise en main, certes très accessible, mais aux multiples possibilités.

Revenons sur le principe de base de Smash : un jeu de combat qui sort des sentiers battus en s’appuyant sur une mécanique principale : remporter la victoire en éjectant ses adversaires hors de l’arène.

Bien sûr, il existe aussi des affrontements aux cours desquels chacun a un niveau de santé : les smash endurance, mais la plupart du temps, il s’agira d’être le dernier sur la terre ferme.

Pour faire valdinguer vos ennemis, vous devez d’abord leur infliger du dégât avec vos attaques de base qui se déclenchent en appuyant sur la touche A ou vos attaques spéciales, assignées à la touche B. Il existe 4 mouvement pour chaque bouton, selon qu’on appuie en même temps sur une des directions (haut, bas ou coté) ou non (attaque de base).

Le personnage qui encaisse des coups, voit grandir un pourcentage près de son portait. Plus le nombre est élevé et plus l’est son risque d’être éjecté.

Il ne reste alors qu’à lui asséner un smash avec le bouton A + une pression rapide sur une direction.

Chacun dispose également d’un bouclier, d’une esquive et d’un double-saut (voir d’une capacité de vol limitée pour certains, ce qui peut représenter un quintuple saut!).

DK est mal en point. Une attaque smash pourrait avoir raison de lui.

Tous les personnages ont donc le même maniement de base, bien que certains aient des subtilités supplémentaires, comme un tir chargé, des attaques guidés, des transformations…

Comme dans de nombreux jeux de combat, certains seront plus lourds, et infligeront plus de dégâts, quand d’autres, plus faibles, compenseront par leur agilité. Chacun a ses forces et ses faiblesses et on peut compter sur un équilibrage régulier des personnages, le jeu étant tourné vers le multi et l’e-sport.

Bien sûr, avant de pouvoir choisir son personnage favori dans l’impressionnante liste proposée, il va falloir en débloquer la plupart. En effet, les seuls combattants disponibles au début de la partie sont les 8 vétérans de l’épisode N64.

Heureusement, il existe de multiple façons de libérer vos héros : via le mode classique, le mode aventure, ou simplement en combattant une dizaine de minutes dans le mode de votre choix, il suffit donc de jouer quelques heures à son rythme et à sa façon pour profiter du casting complet.

Après quelques minutes de jeu, une silhouette fera son apparition. S’ensuit alors un combat avec, à la clé, un nouveau personnage!

Les modes de jeu, sans êtres pléthoriques, permettent de varier l’expérience de jeu.

Il y a le mode classique (comprenez mode arcade) qui offre une succession de 6 smashs, un niveau de plate-formes et un combat de boss.

Le mode aventure vous permet d’explorer le monde de la lumière en combattant des centaines d’esprits, en suivant le chemin que vous voulez, en résolvant parfois des énigmes ou des mini-jeux.

Le tableau des esprits vous permet de vous confronter à une sélection aléatoire d’esprits, qui vous permettront de renforcer vos combattants pour le mode aventure.

Le mode smash en masse vous met aux prises avec des centaines d’adversaires dans une lutte pour la survie.

Bien sûr, les modes versus, en local ou en ligne, vous permettent des affrontements jusqu’à 8 joueurs, voire même des tournois avec 32 participants !

Le mode tournoi est largement customisable.

Dans chaque mode, de nombreuses options de customisation permettent de coller au mieux à votre style de jeu.

Ainsi, dans le mode smash, vous pouvez choisir les règles, la durée, le nombre de vies, jusqu’aux objets qui apparaîtront et à quelle fréquence.

Malheureusement, le match-making du online peut être un peu frustrant de ce point de vue et il est fréquent de ne pas obtenir les préférences qu’on souhaite.

Dans le mode aventure (et tableau des esprits), ce sont les esprits qui permettent de customiser votre style.

En effet, chaque esprit vaincu rejoint votre liste pour être utilisé ensuite par votre personnage.

Il en existe deux types : primaire et soutien.

Les esprits primaires augmentent les statistiques d’attaque et défense de votre personnage. Quelquefois, ils disposent également d’une capacité de soutien. En outre, ils définissent le nombre d’esprits de soutien qu’on peut équiper (de 0 à 3).

Il y a quatre types de primaires : attaque, défense, saisie et neutre. Les trois premiers entretiennent une relation de type pierre-feuille-ciseaux. Il faudra donc alterner régulièrement entre les différents styles pour faire face aux différentes menaces.

Les quatre types d’esprits primaires.

Enfin, ils gagnent de l’expérience à l’issu des batailles, ou en s’entraînant avec Doc Louis (Punch Out), ou encore en consommant des en-cas. Certains peuvent même évoluer en atteignant le niveau 99.

Les esprits capables d’évoluer gagnent un rang de rareté et une capacité spéciale (ici : bonus du premier coup porté), mais recommencent au niveau 1.

Les esprits soutien donnent une capacité spéciale à votre personnage, comme un saut supplémentaire, une immunité face à un élément comme le sol en feu, ou encore un avantage face à un certain type d’ennemi : géant, de métal…

Avec plus de 1200 esprits, les combinaisons sont infinies !

Musée du jeu vidéo

L’esthétique globale du soft est efficace. Les combattants, bien qu’issus de licences très diverses, forment une bande convaincante et cohérente.

En effet, le style graphique du jeu fait bien cohabiter les différents personnages et au final, celui qui fait un peu tache… c’est Mario ! (Bon, ok, Mr. Game & Watch aussi…).

Le mode aventure propose des environnements aquarelles qui peuvent un peu déstabiliser au début (surtout avec l’intégration d’éléments en 3D qui détonne légèrement), mais sur lesquels, force est de constater qu’un travail minutieux à été fait.

Il faut un petit temps d’adaptation, mais les environnements du mode aventure se montrent plaisants à l’œil.

Dans l’ensemble, le jeu est agréable d’un point de vue graphique et exploite bien les capacités de la Switch. Les personnages sont détaillés, les textures convaincantes et les animations efficaces, tant en mode TV que portable.

Le tout tourne en 60 fps dans les deux modes et en 1080p en mode TV pour 720 en mode portable.

C’est fluide et dynamique et il est rarissime de rencontrer des lags en mode local. Moins, hélas en online, où ils sont encore assez fréquents au moment de la rédaction, mais nul doute que cela sera patché dans une future mise à jour (qui seront, à n’en point douter, régulières.).

Le mode photo est de retour et vous permettra de scruter vos personnages sous toutes les coutures (ou presque… inutile d’essayer de mater sous la jupe de Peach…) et admirer en détail les écailles de King K. Rool ou la doudoune des Ice Climbers.

Les combats sont de véritables festivals pyrotechniques, avec des effets visuels flashys de toutes parts. Ca rend l’ensemble très dynamique, mais peut aussi parfois rendre l’image un peu illisible.

Outre les jeux de lumière habituels, certains niveaux ont des effets supplémentaires, comme ici le sol électrifié, effet discothèque garanti!

Le design sonore est également très réussi, avec des voix et des effets très convaincants. Côté musique, c’est royal : des centaines de pistes tirées des différentes séries représentées dans le jeu, ainsi que la possibilité de choisir sa playlist pour chaque stage, en indiquant son niveau de préférence pour chaque musique.

C’est donc un bel écrin que nous offre Nintendo pour noël, mais le contenu est-il à la hauteur de l’emballage ?

Depuis Brawl, Smash se veut un véritable musée vivant du jeu vidéo et ce nouvel opus ne déroge pas à la règle, en rendant hommage à des dizaines de jeux.

Bien sûr, certains sont surreprésentés, au point qu’on à parfois l’impression de jouer à « Fire Emblem X Pokemon », mais on aura la bonne surprise de croiser des personnages issus des licences de notre enfance, ou encore de titres complètement inconnues hors du Japon, et ce, sous la forme d’illustration (les esprits), de modèles 3D qui interviennent lors des combats (les trophées aide), d’objets, de stages, de musique…

Le mode aventure est particulièrement riche en références diverses.

Cette zone cache de nombreux easter eggs, renvoyant notamment aux anciennes machines de Big N.

Alors que celle-ci cite à l’identique le premier monde de Donkey Kong Country sur SNES!

Le roster impressionnant et les différents modes de jeu permettent une expérience variée.

Les options d’ergonomie et de gestion de la difficulté vous permettront d’apprécier ce Smash, aussi bien pour jouer avec votre petit cousin que pour la compétition internationale.

Le mode aventure propose un challenge conséquent, même dans une petite difficulté, et rassembler les 1200 esprits en est un plus grand encore.

Le mode classique vous prendra aussi quelques longues heures de gameplay varié.

Toutefois, les joueurs les plus anciens regretteront peut être certains modes, comme les mini-jeux du stade de Brawl qui ajoutaient un peu de variété supplémentaire, ou les niveaux de plate-formes de Brawl ou de Smash 4, ou encore le mode all-stars qui, depuis Melee, donnait lieu à une succession de smashs thématiques (époque arcade, NES, SNES, etc…) avec une gestion des objets de soin et de nombreuses récompenses et qui n’est maintenant qu’une itération de plus du smash en masse…

Mais le vrai mode infini de ce nouveau Smash, c’est bien sûr le versus en local ou en ligne, qui a de beaux jours devant lui : après tout, Nintendo entend bien soutenir le jeu un bout de temps. La preuve ? Les personnages DLC du season pass seront livrés épisodiquement jusqu’en février 2020.

La difficulté du mode classique est représentée par une fresque mettant en scène les multiples protagonistes.

 

Les temps de chargement sont l’occasion pour le jeu de vous prodiguer des conseils, ou des petits cours d’histoire.

Pegi 12

Par Matriper

[Test] Super Smash Bros Ultimate sur Switch - Le cross-over ultime?
Ce nouveau Smash Bros nous propose une expérience riche et variée, adaptée tant aux néophytes qu'aux combattants aguerris. Sa durée de vie est conséquente et son contenu titanesque. Ses innombrables références en font un nouveau musée du jeu vidéo. Un incontournable pour tout possesseur de Switch! De quoi investir efficacement les 50€ que Mamie vous a donné pour noël!
La narration80%
Les graphismes80%
Le gameplay90%
Le contenu100%
Les musiques90%
Les points positifs
  • Des combats toujours aussi funs, seul ou à plusieurs, que ce soit en local ou en ligne!
  • Une durée de vie conséquente.
  • Le musée vivant du jeu vidéo!
Les points négatifs
  • Certains contenus des épisodes précédents nous manquent.
  • Le online doit encore être amélioré.
88%Note Finale

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