The Evil Within 2 est brillant, vous voilà prévenu. Ici la peur s’habille d’un esthétisme léché pour créer une ambiance des plus dérangeantes. Dans le paysage des Survival-Horror une icone est née. 

Bien qu’il soit annoncé de longue date et que son éditeur ait largement communiqué à son sujet, The Evil Within 2 ne s’est jamais réellement imposé dans mon radar, la faute à son grand frère qui ne m’avait guère convaincu. Et pourtant, une fois lancé je suis directement tombé sous son charme. Plus maîtrisé et ambitieux que son aîné, il fait preuve d’audace en se réinventant partiellement afin de se trouver une identité propre.

Shining, Twin Peaks et bien d’autre nom d’œuvres de genre nous viennent en tête à mesure que l’on découvre le jeu

The Evil Within 2 est tout bonnement superbe que ce soit en jeu ou lors des cinématiques. L’on se régale de bout en bout d’autant plus que chaque plan (cinématique ou même lors de la navigation libre du joueur) est finement composé pour être plaisant à l’oeil. Et autant dire que cela fonctionne, l’on n’en perd pas une miette. Sans compter que le découpage est très cinématographique ce qui ne peut qu’ajouter un niveau de maîtrise supplémentaire à une production qui en déborde déjà. Cette volonté de rappeler le cinéma passait, dans le premier volet, par un cadre au format cinémascope, maintenant nous voilà en 19/9 et pourtant l’inspiration est plus palpable, moins superficielle. Dommage toutefois qu’il n’y ai pas de mode photo tellement les paysages et décors d’intérieurs sont beaux. L’on aimerait pouvoir leur rendre justice voir même les sublimer avec quelques paramètres modifiables comme le font bien des titres récents.

TEST The Evil Within 2 PS4

Cette séquence est tout bonnement magnifique…

Bien que le jeu soit d’excellente facture, quelques faiblesses sont à déplorer dans le character design avec notamment l’utilisation de la  sempiternelle masse noire qui grouille sur les monstres ennemis. Ce vestige de la culture nippone est sans cesse réutilisé dans tous les jeux horrifiques (Les Resident Evil l’utilisent à chaque fois eux aussi) et il serait temps d’évacuer ce cliché visuel de la boite à outils des chara designers. D’ailleurs ce cliché propre aux productions japonnaises est certainement le dernier fragment d’ADN propre à la culture nippone que contient The Evil Within 2. En effet la licence est, depuis son premier volet, développée au pays du soleil levant. Or le premier titre essayait de coller aux codes des jeux occidentaux dans une probable volonté de se trouver un public hors d’Asie. Cependant cette imprégnation de la culture asiatique se sentait parfois dans certains choix artistiques. En ce qui concerne le second opus c’est différent car plus grand chose ne rappel l’orient.

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Ok si vous avez joué à RE7 ça doit vous rappeler quelque chose non?

Qu’ils soient voulus ou non, les quelques clins d’œil à Resident Evil 7 disséminés ici et là auront au moins le mérite de nous avoir fait sourire, en plus de nous faire revenir en mémoire des souvenirs pas forcément joyeux… Au registre des ressemblances maintenant, l’on ne peut s’arrêter de penser à The Last of Us tant il y a d’éléments de gameplay commun entre les deux jeux. Déjà la position de la caméra et l’apparence similaire des deux héros ou encore l’UI sous forme de petits cercles blancs pour signaler les interactions, mais surtout la présence de craft à petite échelle, le comportement des ennemis et celui que le joueur doit adopté pour les tuer sont également très proches. Ces ressemblances sont loin d’être gênantes, elles prouvent au contraire que l’équipe derrière le titre a eu la bonne intelligence d’apprendre des erreurs commises par les autres jeux et d’en extirper le meilleur avant de le retravailler pour se l’approprier. En résulte un jeu cohérent et homogène, facilement appréciable et justement dosé en terme de difficulté.

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Évidemment ça rend mieux en jeu mais autant vous dire que la mise en scène est dingue

The Evil Within 2 joui d’une mise en scène extrêmement maîtrisée qui arrive très rapidement à créer une ambiance lourde et à la fois magnifique. Magnifique car tout est fait dans la subtilité en récupérant bien des mécanismes ayant fait leurs preuves au cinéma et en les adaptant aux impératifs du jeu vidéo. C’est bien simple, on en regretterait presque l’arrivée de l’action tant l’ambiance ce suffit à elle même. Vivre une expérience purement esthétique, sensible et narrative comme c’est le cas dans l’introduction du jeu est bien plus profond et mémorable que n’importe quel jeu d’action. Vraiment The Evil Within 2 aurait pu se permettre le pari audacieux de limiter encore plus sa composante action tant il a les épaules assez larges pour effrayer et nous maintenir en haleine sans ces phases qui font presque tâche au milieu de l’oeuvre. Peut être est ce là la marque d’une certaine frilosité du studio ou de l’éditeur désireux de s’assurer le soutient des fans amateurs d’action et c’est une raison valable. Cependant vu l’orientation du dernier Resident Evil et de ce The Evil Within 2 j’aurais tendance à penser que d’ici peu l’on pourrait enfin avoir le droit à un survival horror triple A  qui ait le courage de se défaire du poids de l’action, véritable résidus d’une époque révolue du jeu vidéo, pour se concentrer sur la substantifique moelle du genre : la mise en en scène au service d’une atmosphère pesante et viscéralement inquiétante.

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Un mode photo n’aurait pas été de trop

Ainsi une certaine frustration se fait sentir lorsque l’action vous demande de sprinter alors que les décors sont magnifiques et fourmillent de détails qui ne demandent qu’à être découverts. On a donc l’impression d’être complètement expulser de notre expérience et de son ambiance au profit d’une poussée d’adrénaline. Or ces petites poussées, comme autant de gifles supposée empêcher le joueur de s’endormir peuvent être vitales dans certains titres moins généreux et intéressants mais sont clairement inutiles à The Evil Within 2.

TEST The Evil Within 2 PS4

Heureusement qu’il reste un peu de beauté dans ce monde de brute

Comme vous l’avez certainement remarqué, pas un mot n’a été dit au sujet de l’histoire qui motivera votre expérience ludique. Et bien vous n’en saurez pas plus car je préfère vous laisser le plaisir de découvrir par vous même les tenants et aboutissements du scénario. Toutefois notez bien qu’avoir fait le premier jeu n’est pas obligatoire pour comprendre cette suite. Bien entendu avoir une connaissance de l’univers peut aider à mieux appréhender les relations parfois complexes entre les personnages mais même en tant que néophyte vous en comprendrez aisément les grandes lignes.

[TEST] The Evil Within 2 sur PS4: L'enfer et son reflet.
The Evil Within 2 est un très bon jeu qui plaira aux amateurs d'ambiance travaillée et d'horreur en général mais aussi aux amateurs de The Last of Us. Que vous ayez joué ou non au premier volume n'hésitez pas à vous jeter sur cette suite.
Les plus
  • Magnifique, maîtrisé et majestueux
  • L'ambiance d'une excellence rare
  • Pas besoin d'avoir joué au premier
Les moins
  • Un tel jeu peu se dispenser d'action
9Note Finale
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