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Le cinéma est une industrie qui est accusée depuis quelques années de ne produire que des suites de film, des adaptations, ou des remakes. Bref rien de neuf. Et il est vrai que le nombre de film sans saveur et fait à la chaine est plutôt conséquent. Dans le genre, les adaptations de jeu vidéo font office de cas d’école tant ils sont quasi systématiquement faits plus pour des raisons pécuniaires qu’artistiques. Même si l’année 2016 pourrait changer la donne, avec déjà Dofus qui a eu son petit succès critique, mais aussi la venue de Warcraft (qui aurait du potentiel selon certain), mais surtout d’après nous Assassin Creed qui ressemble à s’y méprendre à un MacBeth version grand public (même réalisateur, même duo principal, même directeur de la photographie…). Penchons-nous donc sur les pires adaptations de jeu-vidéo, pour voir où l’on en est pour l’instant.

 

8) Street Fighter : L’ultime Combat

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Street Fighter est l’une des licences de jeux de combat les plus connus. Le second opus a écoulé plus de 6 millions de cartouche, et cela sans compter ses multiples versions. Et forcément, face à une telle popularité, un film a été commandé.

On commence doucement ce classement par un film certes mauvais, mais pas forcément insupportable non plus. En fait, si cette adaptation est un échec en termes de qualité, la bonne humeur communicative, et son absence totale de prétention, en fait un sympathique nanar. Ainsi les acteurs en roue libre, les répliques badassement crétines, et les situations caricaturales deviennent une force, ce qui rend le film passable, voir même agréable à regarder. Nous aimons particulièrement Raùl Julia, un acteur mort peu-après, qui campe un Bison cliché mais plutôt convaincant.

7) Lara Croft : Tomb Raider – Le Berceau de la vie

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Tomb Raider est à la fois une très forte saga de jeu d’action, et a une des héroïnes de jeu-vidéo les plus populaire. Ayant toujours été considéré comme la version vidéoludique d’Indiana Jones, l’adapter en film était donc une évidence. Ce fut fait en 2001 avec Angelina Jolie dans le rôle-titre, déjà pas fameux, puis de nouveau en 2003 que l’on traite ici. Le problème réside surtout dans le fait que là aussi Lara Croft est plus un film popcorn sans cervelle, que quelque chose d’à peu près intéressant tout en étant divertissant. De plus, ce second opus s’inscrit dans cette lignée de films d’actions avec une héroïne qui au lieu de proposer des femmes fortes et pittoresques, est là pour sexualiser à outrance son actrice (un peu à la manière du très gênant Barb Wire). De la série B sans finesse, très représentative de ce qu’on pouvait nous proposer dans le genre dans le début des années 2000. Pas bien fameux donc.

 

6) Resident Evil : Rétribution

Resident Evil

Resident Evil est le plus grand nom du jeu vidéo d’horreur. Avec en moyenne 6 millions de copies vendus par jeu, la saga a une popularité et une prestance plutôt imposante. Etant, entre autres, inspiré de longs métrages comme Psychose ou de la filmographie de George A. Romero, le projet d’en faire des films n’était donc pas une surprise. D’ailleurs petite anecdote, le film devait tout d’abord être écrit et dirigé par le réalisateur de la Nuit des Morts-vivants lui-même, avant que tout cela capote et soit finalement remis à Paul W.S. Anderson. Vu que chaque nouveau volet fut pire que le précédent, j’ai décidé de prendre le dernier en date : Retribution, même si ce qui vaut pour ce film, vaut pour tous les autres.

L’exemple de Resident Evil est d’ailleurs assez intéressant car les films ont été d’énorme réussite publique, si bien qu’à part le dernier, chacun fut plus rentable que son prédécesseur, jusqu’à atteindre une recette 4 fois plus grande que le budget de production. Mais évidemment, succès public ne veut pas dire succès critique, et la licence fut de plus en plus décriée. Les films peuvent être perçus comme divertissement, tant ils sont devenus extrême dans leur bêtise décomplexée, mais ils forment un très fort symbole d’un cinéma franchement pas enthousiasmant : celui des films popcorn. Des sagas spectaculaires, mais surtout incohérentes, sans intérêt et que l’on a déjà oubliés le jour d’après.

Cela fait bien longtemps que l’histoire n’a plus aucun sens, les divers retournements de situation sont incroyables de bêtise, le film a fortement tendance à piocher dans les autres succès populaires pour pondre ses scènes d’actions et surtout… ce n’est pas vraiment l’esprit des premiers Resident Evil. Les jeux à la base sont très minimalistes, utilisent les restrictions techniques afin de créer un véritable survival-horror angoissant. Au cinéma, ça donne plutôt un film d’action survolté avec gunfights et cascade impressionnante.

Le succès fut tel que le jeu lui-même en fut dénaturé. A partir du 4ème (sortis 3 ans après le premier film), la licence évoluera elle aussi pour mieux laisser place à un jeu d’action. Si ce fut d’abord plutôt réussi, cela empirera avec le 5ème et le 6ème opus, qui sont quasiment aussi abruti que les films.

5) Hitman : Agent 47

Hitman

 

Après le combat, l’horreur et l’aventure, passons aux jeux d’infiltration/assassinat. Comme quoi aucun genre n’est épargné. La licence Hitman, sans être un succès immense, a une bonne réputation, et a trouvé son marché de niche.

Les deux adaptations sont toutes les deux assez mauvaise. Déjà car ils prennent un jeu basé sur l’infiltration et la minutie, pour réaliser un énième Blockbuster survitaminé et sans âme. Mais aussi car les films en eux même sont très mauvais. Surtout le second, qui a un scénario invraisemblable, des acteurs inexpressifs, la réalisation lisse d’un Yes Man quelconque (dont c’était le premier film), des placements de produits gênant, et des effets spéciaux assez laids… Un ratage à tous les niveaux et fortement oubliable.

 

4) Max Payne

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Le cas Max Payne est plus ou moins similaire au cas Hitman à une seule différence : sa forte influence cinématographique du jeu rend le ratage de l’adaptation encore plus décevante.

En effet, Max Payne est un jeu particulièrement réputé pour sa mise en scène, son personnage principal inspiré des Hard-Boiled Cop qui ont jonché le cinéma à travers les âges (Le Faucon Maltais, Bad Lieutenant, Les infiltrés, …), et son scénario neo-noir. Bref, tout un tas de référence dont il est facile de s’inspirer, afin de donner un film pas forcément très original, mais efficace et fidèle. Mais non, on n’arrivera même pas à ça.

Même en passant certains choix très étranges comme la personnification de la drogue en des Valkyries, ou quelques erreurs de casting, le fond est vraiment problématique. L’un des buts du personnage de Hard-Boiled Cop est de peindre un être violent, instable, rongé par ses vices, et ainsi livrer une œuvre assez déstabilisante et choquante. Hors ici, tout est tellement arrondie et gentillet que rien n’est jamais crédible. Mark Wahlberg (qui joue Max Payne) fait trop inoffensif, la réalisation est bien trop esthétisante pour coller, et l’action est tellement surcuté que le film ne choque jamais (vu qu’on ne comprend qu’à moitié ce qu’il se passe).

On arrive même au point à ne pas vraiment comprendre l’existence du film. Max Payne s’inspirant d’un genre entier, il existe un paquet de film auquel le jeu vidéo ressemble. Le film n’est donc pas une adaptation décente, car de très nombreux film captent bien mieux l’esprit du jeu. Ce qui est tout de même assez triste.

3) Silent Hill : Revelation 3D

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Resident Evil est le jeu vidéo d’horreur qui s’est le plus vendu, mais Silent Hill reste surement la licence la plus culte des deux. Cette saga, aujourd’hui considérée comme un chef d’œuvre absolu de l’horreur, offre une vision très psychanalytique et viscérale du genre. Inspiré de l’excellent Echelle de Jacob, Silent Hill offre une histoire assez complexe et profonde pour que plusieurs théories et interprétations soit faite du jeu. Ce fut le cas de la première transposition à l’écran par Christophe Gans en 2006 qui pondit un film plutôt faillible mais tout de même assez intéressant pour être considéré comme une des meilleures adaptations vidéoludiques au cinéma à ce jour.

Silent Hill : Revelation 3D, sorti en 2012, n’a pas vraiment eu le même succès critique et fut beaucoup conspué, faisant de ce film à la fois une mauvaise adaptation mais aussi une mauvaise suite. La réalisation manque totalement ses objectifs en proposant une atmosphère quasi inexistante (alors que c’est la principale force de la saga !), et des décors trop lumineux pour faire peur. L’histoire est reprise du 3ème opus des jeux, mais est bien trop proche du texte, et manque totalement de la profondeur ou de l’aspect introspectif du jeu. Un film plat et aseptisé qui est tout l’inverse de Silent Hill qui est une œuvre difforme et passionnante. Une torture pour les fans de la licence.

2) Mortal Kombat : Destruction Finale

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Mortal Kombat est l’autre grande licence de jeu de combat ultra populaire avec Street Fighter, un film devait donc bien arriver un jour ou l’autre. Après un premier volet moyen, qui n’est pas très bon mais contient un Gérard Lambert des grands soirs, le second lui fut un échec total. Outre la majeure partie des acteurs qui ont changé (ce qui est toujours pénible pour une suite), Mortal Kombat : Destruction Finale ne mérite quasiment plus l’appellation de film.

Le scenario est inexistant, ce long-métrage n’est qu’une suite de combat perpétuel avec de rapide mise en contexte. Absolument rien n’est construit ou introduit, le but est juste de caser un maximum de personnage dans le film, que ce soit dans des confrontations ou même par du name dropping.

Les combats n’étant même pas bien chorégraphiés, et les effets spéciaux hideux au possible, il ne reste qu’un objet paresseux, boursoufflé de scène d’action cheap, et sans aucune logique. Ceci est une des œuvres les plus putassière qui n’ait jamais existé, tout en ayant un esthétisme de téléfilm du dimanche, et une vulgarité beauf typique de ce genre de production dans les années 90.

1) Super Mario Bros

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Super Mario Bros est la première adaptation que l’on ait eu au cinéma. Il semblait donc normal d’adapter un des plus grands jeux de tous les temps. Sauf que non, pas normal. Au cas où vous ne l’aviez pas remarqué, Mario a certes un cheminement, mais il n’y a pas vraiment d’histoire. Il y a des personnages, des antagonistes, un but, mais tout ceci n’existent que par le prisme du gameplay. Dans la vraie vie, ce qu’il se passe dans Mario n’a aucun sens, et c’est normal, ça n’a jamais voulu en avoir un. Mais alors pourquoi en faire un film, et rendre crédible et cohérent quelque chose qui n’a de sens que dans le gameplay ? Aucune idée, mais on peut voir que dès le départ, l’idée était plus que bancale. Un peu comme ce projet de faire un film Tetris, qui est tellement absurde que le réalisateur nous dit qu’il n’y aura pas de tetrominos dedans

Et en effet, les craintes sont fondées. Le scénario est brouillon, et ne représente à aucun moment le jeu-vidéo. L’ambiance générale est juste le contraire de ce qu’on pouvait attendre (au lieu d’un monde très lumineux et mignon, on a une sorte de Blade Runner-bis moite et crasseux). Les acteurs ne font pas beaucoup d’effort (une rumeur dit d’ailleurs que le duo principal était constamment soûl sur le tournage, car pour eux le projet était un abysse créatif).

Ceci en dit long sur l’échec qu’est cette première adaptation vidéoludique.

(Bonus) Uwe Boll… juste Uwe Boll et tous ses films.

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Super Mario Bros a fait énormément de mal aux adaptations de jeu vidéo. Mais ce ne fut pas le pire. Le pire on l’a atteint avec l’allemand Uwe Boll. Ce réalisateur reconnu comme étant le plus mauvais de tous les temps, a été à l’origine de pas moins de 12 adaptations de jeu vidéo !!! Autant dire qu’il y a des chances pour qu’Uwe Boll se soit occupé d’une licence que vous aimiez. Et ce fut évidemment à chaque fois un massacre. Mais pour mieux comprendre ça, il faut revenir aux conditions de création de ses films. Les films d’Uwe Boll ont été pour la plupart des gouffres financiers (et évidemment critique), et s’il est arrivé à réaliser autant de film c’est en profitant de certaines zones d’ombre de la législation allemande. Un homme sympathique donc. Chacune de ses œuvres ont souvent les mêmes défauts : une réalisation lamentable qui ne prend même pas en compte les règles les plus rudimentaires du cinéma (les 180°, les faux-raccords, …), une vulgarité et un mauvais goût très appuyé, des scénarios au mieux ridicules et au pire incompréhensibles… Cet homme ne sait juste pas faire du cinéma. On peut trouver des fan-films sur internet bien meilleurs que les siens.

Et pourtant, il a pu réaliser des films tirés de licence aussi différente qu’Alone In The Dark, Far Cry, Bloodrayne, Postal, Dungeon Siege… Et faire tourner des stars comme Jason Statham, Ron Perlman, Burt Reynolds, Christian Slater, Michael Madsen, …

Autant dire une sacrée énigme dans l’industrie du cinéma et qui est arrivée à faire beaucoup de mal.

 

 

Conclusion

Au final, on peut voir que les problèmes liés aux adaptations de jeux vidéo se situent à plusieurs étages : scénario très léger, acteur peu investi, manque de respect du support d’origine, réalisation sans saveur, … Mais ce qu’on peut s’apercevoir, c’est que tout simplement, le grand problème de fond de ces films-là, c’est tout simplement le manque d’investissement dans les projets. On se retrouve dans la majorité des cas avec des films de divertissement basique, qui n’ont que très peu d’idée originale, et ne cherchent jamais à être créatif. Le but est de toujours refaire la même recette ad vitam aeternam. D’ailleurs, pour reprendre la très juste formule de Karim Debbache, on a rarement affaire à des adaptations créées pour les fans du jeu-vidéo, mais pour les fans de jeux-vidéos. On en revient d’ailleurs toujours à là. Les Hitman, Max Payne, Lara Croft, Resident Evil, n’adaptent qu’en surface leurs supports, les scénaristes n’utilisent qu’un bout de l’histoire mais ne s’inspirent jamais de l’essence même du jeu. C’est ce qui donne cet aspect si Série Z à tous ces films, car en plus d’être condescendant avec son spectateur (clin d’œil putassier, vision de son public gamer pas très appréciateur, …), ces films sont incroyablement paresseux, et ne cherchent qu’à surfer sur la vague du succès.

Pourtant tout n’est pas perdu. Déjà car il y a déjà eu des films pas forcément réussi mais qui ont fait l’effort d’avoir une véritable démarche créative. J’ai déjà parlé du premier Silent Hill qui malgré ses multiples défauts était un véritable cri d’amour du jeu de base, et surtout une interprétation personnelle des jeux (voyant le jeu d’horreur comme un mythe œdipien), ce qui insinue la prise au sérieux du jeu, et une véritable démarche intellectuelle derrière. Du quasi-jamais vue pour l’instant.

On a aussi eu le cas Final Fantasy : Les Créatures de l’esprit, qui est un film certes très quelconque, mais qui à la fois était un paris très osé (l’univers du film était très éloigné des jeux), mais surtout s’inscrivait dans un projet ultra ambitieux et passionnant.

Et comme je l’ai dit dans l’introduction, le futur annonce aussi du bon. L’Assassin Creed de Justin Kurzel qui ressemble beaucoup au film intello MacBeth, pourrait donner une relecture très intéressante d’un jeu pourtant décrié pour être fait à la chaine (incroyable ironie si le projet est un succès). Le The Last Of Us de Sam Raimi promet aussi beaucoup, déjà car le père des Evil Dead n’a plus grand-chose à prouver aujourd’hui vis-à-vis de sa compétence, mais aussi car le support d’origine est justement populaire pour son histoire et les thématiques qu’elle soulève. Et enfin, nous sommes aussi curieux de voir ce que donnerait le prochain film Tomb Raider, si Daisy Ridley est bien confirmé pour le rôle de l’archéologue. En effet, la toute nouvelle actrice révélée aux yeux de tous dans Star Wars VII, est particulièrement apprécié pour la très belle image des femmes qu’elle renvoi, et la possibilité d’inspirer toute une nouvelle génération de petite fille, et confronter une telle actrice à cette héroïne source de nombreux scandales sexistes est enthousiasmant.

 

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